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Classement des MBA et EMBA internationales et françaises

Rankings : Mode d’emploi

Lucie Cordonnier | 16/11/2014

A chaque publication d’un nouveau ranking, la planète éducative entre en ébullition. Non sans raisons : la présence des établissements dans ces classements nationaux ou internationaux vaut signe de reconnaissance… et apporte l’assurance d’une augmentation des candidatures d’étudiants et de cadres soucieux de valoriser leur retour sur les bancs de l’école auprès des recruteurs, eux aussi à l’affût.

Faut-il donc se fier à ces palmarès pour choisir son cursus ? Répondre à ces questions nécessite d’abord de s’interroger sur ce qu’ils cherchent à mesurer et sur la méthodologie utilisée. Quelles sont à la vue de ces indicateurs leur force mais aussi leur faiblesse dans la mesure où par rapport au choix d’une formation, ils n’apportent qu’une réponse partielle, le projet professionnel du candidat n’étant pas pris en compte. Du coup, comment faut-il les utiliser ? Illustration de ces questionnements autour de quatre points clés et deux études de cas : 

  1. Choisir le bon classement
  2. S'intéresser à la méthodologie pour mieux comprendre les résultats
  3. Forces et limites des classements
  4. Comment utiliser les classements ?
  5. Le cas d’école des classements MBA 
  6. Le cas d’école des classements EMBA

1. Choisir le bon classement

Compétition entre établissements oblige, les classements se sont multipliés au cours de ces dernières années. La plupart d’entre eux émanent d’organes de presse ou de cabinets spécialisés et mesurent les performances des établissements dans des domaines bien précis. En France, par exemple, les classements sur les écoles et universités ne s’intéressent majoritairement qu’à la formation initiale. Or force est de constater qu’ils ont des répercussions aussi en formation continue : les écoles arrivant en tête – HEC, ESSEC, ESCP Europe – sont les plus demandées par les cadres désireux de compléter leur formation par un mastère spécialisé par exemple. Même s’il est difficile de tirer de leurs performances en formation initiale des enseignements pour la formation continue si ce n’est que leur réputation a de quoi rassurer les recruteurs…

Trouver le bon classement en formation continue s’apparente d’ailleurs à un véritable casse tête. Mis à part les programmes MBA et Executive MBA qui disposent de leurs propres « rankings » réalisés par la presse anglo-saxonne (Financial Times, Business Week ou The Economist pour ne citer que les plus connus), les autres programmes ne font que rarement l’objet de palmarès. Au mieux peut-on se fier au classement du Financial Times qui liste les établissements mondiaux proposant des programmes en Executive education. En sachant toutefois, qu’ils ne concernent principalement que les business schools et qu’ils ne fournissent pas des informations suffisamment détaillées pour comparer deux sessions de trois jours en marketing ou en management des systèmes d’information…

2. S’intéresser à la méthodologie pour mieux comprendre les résultats

Une fois repéré le bon classement ou celui le plus proche de son centre d’intérêt, les candidats doivent ensuite s’intéresser de près à la méthodologie utilisée pour mieux comprendre les résultats. Pour des raisons pratiques – il n’est pas possible en formation continue de mesurer les performances relatives de toutes les formations proposées – mais aussi pour ne prendre en considération que les programmes bien établis– la présence d’un programme ou d’un établissement sur un segment de programmes pendant au moins trois ans est généralement demandée – les journaux et magazines effectuent une première sélection en amont. De plus, s’appuyant pour la plupart d’entre eux sur deux éléments principaux – envoie de questionnaires aux établissements et aux diplômés – les formations sélectionnées ne sont effectivement prises en compte que si un nombre significatif de sondés ont répondu…

Pour effectuer ces classements, l’ensemble des réponses obtenu est pondéré en fonction de critères qui ne pèsent pas de la même manière dans tous les classements. Pour les MBA par exemple, le Financial Times apporte une attention particulière à la situation des diplômés trois ans après la sortie et à l’évolution de leur rémunération quand the Economist prend davantage en compte l’importance du réseau créé au cours de la formation et son efficacité dans l’évolution de carrière. Le classement proposé par le cabinet de conseils et d’études spécialisé QS s’appuie pour sa part sur le point de vue des recruteurs.

3. Forces et limites des classements

Malgré des méthodologies objets de nombreux débats - les journaux et magazine à l’origine des rankings ont rarement la possibilités de vérifier les données transmises par les écoles et universités auprès de l’ensemble des personnes formées - ces palmarès permettent de situer un établissement par rapport à ses concurrents. Plus en effet que de savoir quel est celui qui arrive une année donnée en tête, la place relative de chaque programme dans la liste de ceux soumis à la comparaison est plus pertinente : la formation visée est-elle dans le top 10 ? dans le top 30 ? dans le top 100 ? Et comment la place de cette formation a-t-elle évoluée avec le temps ? Est-on face à un programme qui monte ? Un programme dont l’aura s’est quelque peu ternie ?

Parmi les principales limites mises en avant par les détracteurs de ces rankings figure en premier lieu la très partielle prise en compte du projet professionnel des candidats. Ne pouvant entrer dans un tel niveau de détail,  ces palmarès ne s’avèrent pas très utiles pour aider un cadre à définir le meilleur programme par rapport à sa situation personnelle. Il n’est peut-être pas obligatoire d’opter pour l’un des MBA les plus cotés de la planète si son ambition n’est pas d’évoluer dans un contexte international au niveau des top dirigeants. Ou d’aller suivre son cursus en Chine si on envisage de travailler en Europe. De même, même si l’EMBA effectué par la Northwestern University en partenariat avec l’université de Hong Kong fait partie des mieux notés, il n’est pas évident de suivre ce programme pendant un an tout en poursuivant son activité professionnelle…

4. Comment utiliser les classements ?

Les classements sont cependant utiles pour affiner son projet : une fois sa zone géographique déterminée, regarder comment se positionnent les différents établissements peut faire émerger sur la short list certains auxquels les candidats n’auraient pas pensé spontanément. L’exercice est d’autant plus utile quand ils envisagent de s’envoler vers des pays émergeants. La présence des programmes dans les classements fonctionne un peu comme une assurance : les diplômés pourront utiliser cet argument auprès des recruteurs même européens si par hasard ou en raison d’un changement de projet, ils doivent remettre le cap sur le vieux continent… S’intéresser, autre exemple, à l’augmentation de salaire trois ans après la formation permet de regarder les zones géographiques (plus que les établissements eux-mêmes) où la valorisation d’un MBA est plus aisée, la valeur effective d’un MBA n’est pas la même dans tous les pays…

Dans n’importe quel cas de figure, le classement doit être complété par une attention particulière apportée à la structure du programme lui-même, ces points forts ou la recherche d’informations sur le devenir des anciens. Il peut en effet être important d’être dans un établissement où le réseau fonctionne bien mais cet intérêt sera d’autant plus fort que les diplômés travaillent dans des secteurs ou des métiers vers lesquels les candidats souhaitent évoluer…

5. Le cas d’école des classements MBA

A partir des trois derniers principaux classements MBA – Financial Times (2014), Business Week (2012), The Economist (2014)– nous avons construit le « classement des classements » pour gommer les différences en terme de méthodologie et déterminer les établissements qui s’imposent réellement. Nous avons à chaque fois pris les 10 premiers et les avons classés selon leur niveau de présence en deux catégories : ceux qui sont dans les 3 classements, ceux qui sont dans 2 classements. Pour chacune de ces catégories, chaque programme MBA s’est vu attribué un nombre de points en fonction de sa place dans le top 10. Plus le nombre de points est élevé (le premier reçoit 10 points, le second 9 points…), plus le MBA est performant. 

Classement des 10 meilleurs MBA mondiaux

  1. Harvard (Etats-Unis)
  2. Chicago Booth (Etats-Unis)
  3. Stanford Graduate School of Business (Etats-Unis)
  4. IESE (Espagne)
  5. London Business School (Royaume-Uni)
  6. Wharton (Etats-Unis)
  7. INSEAD (France/Singapour)
  8. Darden, University of Virginie (Etats-Unis)
  9. Columbia (Etats-Unis)
  10. MIT, Sloan Business School (Etats-Unis)

 Classement des 10 meilleurs MBA européens (selon la même méthodologie mais en allant au-delà du top-10)

  1. IESE (Espagne)
  2. LBS (Royaume-Unis)
  3. INSEAD (France/singapour)
  4. IMD (Suisse)
  5. IE (Espagne)
  6. HEC (France)
  7. ESADE (Espagne)
  8. Saïd business school, University of Oxford (Royaume Uni)
  9. University of Mannheim (Allemagne)
  10. University of Warwick (Royaume-Uni) 

Classement des meilleurs MBA français

Nous avons aussi sélectionnés les établissements français – outre l’INSEAD et HEC -  qui sont au moins dans un de ces classements, quel que soit son rang.

Présent dans 2 classements :

EM Lyon : 71e (The Economist), 95e place (Financial Times)

Présents dans 1 classement :

Edhec : 44e (The Economist)

Grenoble Ecole de management (75e The Economist)

Audencia (88e The Economist) 

6. Cas d’école des classements EMBA 

Concernant les EMBA, nous avons fait le même exercice, mais les informations étant très contrastées d’un ranking à l’autre et de plus pas très utiles pour des cadres français dans la mesure où apparaissent en bonne position des programmes part time en Chine, Singapour ou aux Etats-Unis, nous avons préféré repérer dans ces classements, les établissements figurant en France ou dans les pays voisins, plus facilement accessibles pour des cadres. 

Les meilleurs EMBA européens (présents dans 3 ou 2 classements) 

1. Chicago Booth (Campus à Londres)

2. IE (Espagne)

3. IESE (Espagne)

4. IMD (Suisse)

5. Saïd, University of Oxford (Royaume Uni)

6. Insead (Paris/Singapour) 

Les meilleurs EMBA Français 

Présents dans deux classements :

Essec-Mannheim : 16e (The Economist), 50e (Financial Times)

Grenoble Ecole de management : 46e  (The Economist), 70e (Financial Times)

EM Lyon : 52e (The Economist), 91e (Financial Times)

 

Présents dans un classement :

Trium EMBA ( HEC, London School of Economics, New York University-Stern) : n°1 (Financial Times)

ESCP Europe : 16e (Financial Times)

Kedge BS : 27e (Financial Times)

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