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Classement des MBA

MBA internationaux : faut-il se fier aux classements et aux labels ?

Stéphanie Guzman | 09/02/2016

Un coup d’œil aux classements internationaux et à la présence d’un ou plusieurs labels vous permettra de faire un premier tri avant d’étudier en détail le contenu de chaque programme.

Classements : quels sont les 100 meilleurs MBA au monde ?

Le Financial Times (FT), The Economist, Business Week mais aussi Forbes ou Bloomberg sortent chaque année, en général à l’automne,  leurs très attendus classements des meilleurs MBA. Certains magazines passent au crible les MBA de chaque continent, d’autres se contentent des MBA nord-américains.  Les critères diffèrent fortement d’une étude à l’autre.

Le palmarès du FT donne par exemple la part belle au critère du salaire et à la progression salariale avant et après le MBA tandis que le magazine américain Forbes se focalise plus sur le retour sur investissement (coût du MBA versus salaire obtenu)

De son côté, The Economist fait appel à des critères un peu plus subjectifs comme les notations des diplômés ou encore les évolutions de carrière sur la durée.

Selon les méthodologies, de nombreux critères peuvent également rentrer en ligne de compte comme par exemple le pourcentage d’étudiants internationaux, la féminisation ou le nombre de PHD/doctorat au sein du corps enseignant.

Le niveau de GMAT  (lien article GMAT) demandé lors de l’inscription fait également partie des informations présentes sur les classements. Les écoles filtrant les candidatures avec ce test ardu, vous saurez assez vite si vous pouvez prétendre au top du classement : dans l’univers élitiste des MBA, un portefeuille bien garni ne fait tout !

Si le peloton de tête est souvent le même -Harvard, Chicago Booth,  Stanford, Wharton pour les Etats Unis, INSEAD,  HECEDHEC, LSE, IESE, Cambridge pour l’Europe, et CEIBS pour l’Asie- il peut exister d’impressionnants écarts d’un classement à l’autre.

L’excellente Western Ontario University’s Ivey School of Business (Canada) a décroché la place de N°1 des MBA internationaux (hors Etats Unis) selon Business Week tandis que le FT la classe en 48ème position. Plus étonnant, The Economist ne la mentionne même pas.  Chaque année dévoile ainsi son lot de surprises avec des entrées et sorties fracassantes mais aussi de grands absents.

Quid des non classés ?

D’une part les classements se limitent en général à 100 établissements, ce qui reste un petit échantillon, mais d’autre part, certaines écoles d’excellente réputation, font le choix de ne pas répondre aux questionnaires qu’elles jugent fastidieux ou dont elles critiquent la méthodologie.

Concrètement,  si vous souhaitez faire votre MBA en Nouvelle Zélande parce que votre compagne est mutée là bas, peu vous importe qu’aucun programme ne figure dans les prestigieux classements mentionnés ci-dessus. Et rassurez-vous, c’est sans difficulté que vous trouverez dans ce pays un MBA de qualité doté de toutes les accréditations nécessaires (voir ci-dessous).

Les classements vous permettront de trancher si vous hésitez entre deux écoles d’un même pays présentant des programmes équivalents. Ces palmarès ont également l’avantage de mettre en lumière des cursus moins connus des étudiants: c’est le cas des programmes de MBA chinois et indiens qui progressent par exemple régulièrement dans les palmarès jusqu’à challenger des institutions américaines.  Le fait que le MBA online développé par la Centrum Catolica de Lima (Pérou) précède dans le dernier classement du FT tous ses homologues européens, illustre bien ce propos.

Les classements restent également très appréciés des recruteurs, chasseurs de tête et DRH s’en servant pour partir à la recherche des « meilleurs profils » et calculer leurs futures rémunérations.

Des labels multiples et variés

Face à la vive concurrence à laquelle se livrent les « Business Schools », l’obtention d’un ou plusieurs labels est l’un des meilleurs moyens de se distinguer. Ils sont pour les élèves, un véritable gage de qualité et d’excellence. Pour conserver ces reconnaissances sur la durée, les écoles et programmes doivent se maintenir en permanence à niveau.

Ces labels s’obtiennent après un audit de l’école dans son ensemble, programmes de formation et pédagogie inclus.

Les critères sont nombreux : qualité du recrutement,  originalité des enseignements mais aussi la dimension internationale du cursus,  l'intégration professionnelle post-diplôme, les partenariats avec les entreprises et à l'étranger ou encore le dynamisme des réseaux d'anciens. Voici une liste des principales accréditations :

AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business)

Pour obtenir le plus ancien des  labels – il a été créé en 1916-  les écoles doivent satisfaire à plus de 21 critères tels que le niveau académique des professeurs, le ratio de professeurs par école, le processus de recrutement des étudiants... Les 745 écoles  actuellement labellisées doivent débourser plus de 20 000 euros d'adhésion auprès de l’association américaine.  C’est l’école qui obtient le label et non le MBA en lui même. Attention, une école peut être « membre de l’AACSB » sans être pour autant être « accréditée. »

AMBA  (Association of MBAS)

C’est un label d'origine britannique qui distingue 200 MBA d’exception dans plus de 70 pays.  L’évaluation, ultra pointue, porte sur la qualité des programmes avec un focus tout particulier sur l’adéquation du contenu aux besoins des entreprises. L’association propose également un certain nombre d’évènements et de services pour les diplômés des écoles membres.

EQUIS (European Quality Improvement System)

Il est délivré par l’EFMD (European Foundation for Management Development) qui évalue les établissements dans leur ensemble (programme, enseignants, recherche etc) Le label est valable 5 ans et coute à l’école plus de 40 000 euros. 17 écoles sont certifiées en France.

EPAS (EFMD Program Accreditation System)

Autre label délivré l’EFMD il accrédite des formations et non l'école en elle même.

L’EPAS évalue le programme dans une perspective internationale et étudie par exemple le profil des diplômés ainsi que leur évolution de carrière.

La triple accréditation : le rêve ultime de tout école … européenne

Rares sont les écoles à avoir la « triple crown » c’est à dire les labels AACSB, AMBA et EQUIS. Elles étaient 73 en septembre 2015 et aucune n’est américaine alors que les « business schools » de nos voisins d’outre-Atlantique font rêver tous nos étudiants. Comment expliquer ce paradoxe apparent ?

Tout d’abord, l’AMBA considère que pour faire un MBA, il est nécessaire d’avoir une expérience professionnelle minimale alors que les universités américaines sont plus souples à ce niveau, certaines acceptant des étudiants ayant « simplement » un excellent parcours universitaire.

A cela s’ajoute le fait que les universités américaines fortes de leur suprématie considèrent que le label AACSB est largement suffisant et ne voient pas la nécessité d’aller à la pêche aux labels européens. Résultat : près de 70 % des écoles dotées de la « Triple Crown » sont européennes.

C’est le cas de HEC par exemple qui possède le AACSB et EQUIS tandis que ses programmes MBA et de EMBA sont accrédités AMBA.

L’obtention de ces labels est complexe, longue et couteuse pour les écoles et peuvent être considérées comme une véritable garantie pour les élèves à la recherche d’un programme de qualité. A budget égal, mieux vaut donc opter pour une école bien classée labellisée AACSB aux US ou une « double ou triple crown » sur les autres continents.

S’il est certes toujours possible de faire le choix d’une école ou d’un MBA non certifié, il est préférable d’avoir une bonne raison pour cela, comme par exemple être à la recherche d’une spécialisation très pointue et donc très peu répandue.

Le conseil Cursus Pro

Pour les classements, une bonne approche consiste à se fier aux études réalisées par le site  www.poetsandquants.com. Il effectue chaque année une moyenne des 4 palmarès principaux  (FT, Forbes, Business Week  et The Economist) ce qui permet de gommer les anomalies statistiques.

Plusieurs programmes de MBA détenteurs de la « Triple Crown » sont absents des classements internationaux alors qu’ils peuvent vous ouvrir les portes d’un brillant avenir professionnel. Un MBA doit avant tout autre chose répondre à vos attentes. Vos critères vous sont propres et ont peu de chance de tous figurer dans les classements. Pensez à interroger un ou deux anciens élèves : ils seront à même de vous donner les « pros » and cons » du programme visé.

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