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Personnels de santé, valorisez votre expérience terrain​ !

Personnels de santé, valorisez votre expérience terrain​ !

Louis K. Noël | 17/06/2016

Conceiçao Plassais, ex-infirmière libérale, est fraîchement diplômée du master 2 Economie et gestion des établissements de Santé de l’université Paris Dauphine. Une formation en deux ans qui s’est révélée déterminante pour décrocher son nouvel emploi comme directrice d’un accueil de jour pour personnes atteintes de troubles de la mémoire. (Casa Delta 7, situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris).

Pourquoi avez-vous voulu changer de voie à 40 ans ? 

Je sentais qu’il était temps d’évoluer. Depuis ma sortie de l’école d‘infirmières à Millau, j’ai toujours travaillé comme infirmière à domicile, au départ en milieu rural. Puis j’ai travaillé dans un hôpital en Suisse puis dans l’humanitaire avec Médecins du Monde. Bref, après 16 ans de « terrain », j’avais le sentiment d’avoir fait le tour et ne pas avoir d’opportunité d’évolution. J’avais ce projet depuis longtemps (sept ans exactement) mais, pour moi, ce n’était pas le moment car je venais d’être maman. J’ai enfin franchi le pas en 2015 car mon envie de relancer ma carrière, avec un poste à responsabilités et d’encadrement, devenait de plus en plus pressante.

Vous aviez vraiment besoin d’une formation continue diplômante pour atteindre cet objectif ? 

Absolument. Du moins, je l’ai constaté a posteriori lors de ma recherche d’emploi : ma seule expérience professionnelle, sans le diplôme la validant, n’aurait pas suffi à obtenir les postes que je visais. Les recruteurs sont demandeurs de profils diplômés possédant une vraie expérience de terrain. Du moins, dans le secteur de la santé. Je pourrais presque résumer mon ressenti par un paradoxe : c’est grâce au études que j’ai pu valoriser mon expérience acquise sur le terrain !

Pourquoi avoir choisi le M2 de Dauphine ?

J’ai hésité entre plusieurs masters et organismes de formation notamment en province. Il est vrai cependant que je n’ai pas hésité longtemps quand j’ai reçu la lettre qui confirmait mon admission à Dauphine. D’abord le programme me plaisait et correspondait à mes besoins, à savoir un master adapté à mes compétences. L’environnement et la renommée ont aussi influencé mon choix. J’apprécie aussi la « philosophie » de Dauphine.

Enfin, l’aspect pratique a également joué dans ma décision. Pour financer ma formation, je devais continuer de travailler à Paris où je réside. De plus, les cours dispensés deux jours par semaine me permettaient de travailler les autres jours et le week-end, une obligation pour une infirmière à domicile.

Vous avez donc continué de travailler mais vous êtes aussi mariée et mère de deux enfants (4 ans et 7 ans)… Travail, famille, études : comment avez-vous géré votre emploi du temps pour tout concilier ?

Tout s’est bien passé grâce à une organisation au cordeau dans mon environnement familial comme professionnel. Par ailleurs, mon mari s’est révélé un précieux soutien logistique (avec les enfants notamment) et psychologique. Je pense aussi à la souplesse de ma collègue infirmière libérale qui m’a donné une flexibilité dans mon emploi du temps. Durant ces deux années, j’ai dû mettre, en quelque sorte, ma vie un peu entre parenthèses. Et pas seulement la mienne, celle de ma famille aussi.

La charge de travail à Dauphine est conséquente. Ce temps consacré aux études m’ont obligée à travailler comme infirmière quasiment tous les week-ends pour compenser ma perte de revenus… Hormis les charges de la vie quotidienne, il fallait aussi financer le master ! Je peux dire que ce projet de master, je ne l’ai pas réalisé seule mais avec toute ma famille. Fondamentalement, il faut avoir une grosse motivation mais aussi le soutien de ses proches.

Dans cet enseignement qu’avez-vous apprécié ? Et, a contrario, avez-vous des regrets ?

Des regrets, je n’en ai aucun. La formation continue, c’est une vraie chance, une opportunité de rencontrer des professionnels ultra-compétents. C’est une expérience très riche. Et, a posteriori, je me rends compte que c’est aussi l’occasion de créer son réseau, avec comme premier cercle, mes collègues de promotion.

Quand j’étais « libérale », j’étais très isolée. Je travaillais avec deux collègues, bien sûr, mais je n’avais plus l’habitude de travailler en équipe. Le master m’a permis de m’ouvrir aux autres et d’échanger. C’est une « resocialisation » en quelque sorte…

En classe, nous avons appris à travailler ensemble car nous avions beaucoup de travaux à réaliser en équipe. Bref, cette dimension ne se limite pas à la simple coopération (chacun fait une partie) mais nécessite des qualités de collaboration, chacun apportant sa vision des choses. Concrètement, nous intervenions tous sur le même écrit ; des travaux composés à plusieurs mains lors de réunions ou à distance, via notamment des outils comme « Google drive ».

C’est l’un des points forts de la formation que j’ai particulièrement apprécié. Certes la majorité des étudiants provenait du milieu de la santé (cadres pour la majorité) mais d’autres avaient des profils atypiques. Une étudiante venait de l’édition, un autre du secteur du bâtiment, un autre du monde de la finance...

Ce brassage de différents parcours nous enrichissent, personnellement et professionnellement.

Le contenu de la formation (exigeante et fort d’intervenants de qualité) m’a apporté beaucoup de connaissances notamment dans l’évolution de notre système de santé. J’ai découvert ou approfondi des matières telles que la sociologie (des professions, des organisations…)

La première année nous permet de prendre de la distance avec notre milieu professionnel. Les enseignements sont plutôt théoriques (sociologie, économie, droit…) avec à terme un mémoire de recherche.

La deuxième année nous « replonge » dans le milieu professionnel avec pour aboutissement un projet professionnel.

Pour finir, la formation laisse une grande place à la réflexion. Voilà pourquoi j’ai fait le choix d’un master plutôt que celui d’une école de cadres, trop formatée, à mon goût.

Quels conseils pourriez-vous prodiguer aux personnes qui sont tentées de passer par la case formation continue et diplômante pour relancer leur carrière ?

La formation est à la portée de tous : j’en suis un bon exemple. La majorité des étudiants sont des cadres, ou avaient déjà managé des équipes. Nous étions seulement deux infirmières libérales. Alors c’est assez impressionnant au début car on se demande comment on a fait pour en arriver là. Dauphine certifie que les « erreurs de casting » sont rares. Au contraire, l’université favorise les parcours atypiques. J’ai pu le constater.

Je le redis mais il faut être très motivé. Surtout les personnes comme moi, quand la formation n’est pas financée par une structure, et quand les jours de formation ne rentrent pas dans le cadre du temps de travail.

Si je peux me permettre de donner un conseil, il faut choisir le bon moment : c’est primordial. C’est un engagement sur deux ans, il faut au maximum anticiper les répercussions et mesurer les conséquences d’un tel projet sur sa famille, ses collègues, ses amis. Le soutien de ses proches est vraiment indispensable.

Mais le « final » est grandiose et l’aboutissement est tel que je l’espérais. Alors lancez-vous ! Le jeu en vaut mille fois la chandelle. Non seulement cette formation m’a permis de trouver un job rapidement mais elle constitue aussi un enrichissement personnel incontestable.

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