Un MBA, sésame indispensable pour passer d’approvisionneur à acheteur

Un MBA, sésame indispensable pour passer d’approvisionneur à acheteur

Stéphanie Guzman | 27/09/2016

Céline Jacquet a déjà un solide parcours derrière elle (plus de 10 années d’expérience) lorsqu’elle décide de donner un coup d’accélérateur à sa carrière dans le secteur des achats. En 2014, elle intègre un MBA à l’Institut Léonard de Vinci dans le but de devenir acheteuse.

CursusPro a souhaité en savoir plus sur ses motivations et sur ce que cette formation lui a apporté.

1-Pouvez-vous nous résumer votre parcours professionnel ?

Je possède un BTS en Génie Optique. J’ai également suivi des études en gestion industrielle et obtenu un titre de responsable en gestion industrielle à l’ESCI de l’Ain (Bac +4), formation désormais dispensée par l’IAE de Lyon.

Au cours de ma carrière, j’ai eu la chance de travailler au sein de différents secteurs. D’abord, dans la transformation et la vente de papier/cartons en tant qu’assistante de production et d’achats chez Stouls. Puis dans le secteur de la location de groupes électrogènes chez Aggreko en tant qu’assistante logistique. J'ai ensuite évoluée dans le secteur de la lunetterie, en tant qu'acheteur-approvisionneur au sein de la maison de création Alain Mikli. Puis j’ai intégré le secteur de l’industrie pharmaceutique pendant presque 7 ans en tant qu’unique approvisionneur du laboratoire Stallergènes.

2- En 2014, vous avez décidé d’intégrer le MBA IMA (INGENIERIE ET MANAGEMENT DES ACHATS), proposé par l'Institut Léonard de Vinci. Quelles ont été vos principales motivations ?

En tant qu’approvisionneur chez Stallergènes, j’ai été amenée à travailler en étroite collaboration avec l’acheteuse qui s’occupait de mon portefeuille de produits pour la production. A son contact, j’ai pu apprécier l’étendue de sa mission en participant aux réunions qu’elle menait avec les prescripteurs, et à l’élaboration des cahiers des charges. J’ai pu également voir comment elle mettait en place les appels d’offres et certains contrats avec les fournisseurs ou me rendre sur un site de production rencontrer un de nos fournisseurs et découvrir la fabrication d’un article d’emballage primaire que j’approvisionnais.

Le métier d’approvisionneur me positionnait essentiellement en tant qu’opérationnelle. Mon objectif était d'évoluer vers un poste plus stratégique et de collaborer avec des fournisseurs en amont de la supply chain. C’est pourquoi j’ai nourris le projet de devenir acheteur.

Avant d'entamer des démarches pour trouver une formation externe, j'ai tout d'abord envisagé toutes les perspectives d'évolution existant au sein de Stallergènes. Afin de m'assurer qu'il s'agissait bien d'un projet cohérent et réaliste, j’ai effectué un bilan de compétences hors temps de travail avec l’Apec. Il en est ressorti deux axes clés. Le premier consiste en une opportunité de poste en externe ou en interne. Le second est celui d’effectuer un Master Achats. Cela faisait presque six années que j'occupais le poste d’approvisionneur. J’ai donc tout naturellement d’abord privilégié la recherche de poste en externe. Après plusieurs tentatives et entretiens, il s'est avéré que mon bagage était insuffisant pour occuper le poste d’acheteur que je visais. Ceci m’a été confirmé à plusieurs reprises. Pour occuper le poste d'acheteur, quelque soit l'unité ou la spécialité d'achat, être titulaire d'un master achat est une condition sine qua none.

3- Comment avez-vous financé cette formation ?

J’ai d’abord tenté le congé de formation par le FONGECIF en accord avec mon entreprise, mais ce dernier m’a été refusé car je n’avais pas les critères requis : déjà diplômée d’un bac+4, trop jeune etc…J’ai donc bénéficié d’une rupture conventionnelle, ce qui m’a permis de suivre la formation Ingénierie et Management des Achats au sein de l’Institut Léonard de Vinci, que j’ai moi-même financée. Son coût est de 10 900 euros.

4- Comment la formation s’est-elle déroulée?

Il existe 2 options pour cette formation : en « part time », sur le temps de travail à raison de 3 jours de cours par mois et 2 semaines de cours sur l’année ou l’option « full time », que j’ai suivie, à raison de 6 mois de cours incluant des missions de conseils opérationnels auprès d’entreprises et de 6 mois de stage. C'est une formation réalisée majoritairement par des intervenants professionnels ou ayant déjà eu une carrière en entreprise (Acheteurs, Directeurs Achats, Consultants en achats etc ...) Nous étions une dizaine de participants en "full time" et le groupe "part time" comportait une vingtaine de personnes.

Les cours sont axés sur des cas concrets rencontrés en situation professionnelle et sont basés sur des mise en situation. La formation se termine par un stage. J’ai effectué le mien chez GEFCO en tant qu’acheteur junior transport routier.

5- Que vous a apporté le MBA ?

Ce MBA m’a enfin permis d’obtenir le « sésame » pour prétendre à un poste d’acheteur  et j’ai trouvé un poste deux mois après la fin de la formation. J’occupe aujourd’hui le poste d’acheteur industriel au sein de l’entreprise SOPEMEA, filiale de l’APAVE. 

Le MBA m’a enrichi sur le savoir-faire des techniques d’achats mais également sur le plan personnel. En effet, cela a renforcé ma confiance en moi puisque j’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé.

J’ai plus de responsabilités dans mon travail puisque je n’applique plus les directives des acheteurs et je prends moi-même des décisions stratégiques. Enfin, cela m’a permis d’enrichir mon réseau professionnel à travers les rencontres que j’ai faites au sein de ma promotion et de mon stage.

6- Quel conseil donneriez-vous à un professionnel désireux d’adopter votre démarche ?

Je donnerais comme conseil de bien préparer son projet professionnel en commençant par un bilan de compétences afin de bien cerner l’adéquation de ses compétences et de ses envies avec le métier envisagé. Cela permet également de se poser les bonnes questions concernant l’approche à avoir pour atteindre son objectif et de choisir la formation la mieux adaptée à son projet. Et je finirais par une citation de Mohamed Ali : « Celui qui n’a pas le courage de prendre des risques n’accomplira jamais rien dans sa vie ».

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