Interview de Myriam Rousseau master sciences de l'éducation cadres et consultants en formation d'adultes à l'université paris descartes

Une expérience accélérée - Master en formation continue

Alexandre Haute-Pottier | 20/10/2014

Myriam Rousseau, 33 ans, exerce dans le milieu de la santé depuis une douzaine d’années en tant qu’ergothérapeute. Actuellement en poste à l’hôpital parisien Fernand Widal, la jeune femme effectue en parallèle un Master 2, à l’Université Paris Descartes, en sciences de l’éducation afin de devenir formatrice de professionnels de la santé. Une réorientation professionnelle qui s’accompagne comme toujours d’une importante charge de travail supplémentaire, mais qui n’est pas pour déplaire à cette soignante dynamique.

CursusPro : Myriam, pouvez-vous retracer votre parcours professionnel et les raisons qui vous ont poussé à reprendre une formation ?

Myriam Rousseau : J’ai passé un Bac scientifique avant d’intégrer durant trois ans une école d’ergothérapie à Bruxelles. Dès l’obtention de mon diplôme, j’ai exercé dans plusieurs structures hospitalières en France ainsi qu’en Guadeloupe, puis je me suis installée à Paris. Au fil des expériences, j’ai eu à encadrer de nombreux stagiaires sans pour autant y être formée ou même préparée…

J’avais alors l’impression de manquer de légitimité vis-à-vis d’eux, de manquer de connaissance également dans mon travail de manière générale. J’ai toujours été curieuse concernant mon métier, l’éducation et la pédagogie m’ayant toujours intéressé, j’ai commencé à me renseigner sur les formations possibles.

Je suis tombée sur ce Master 2 en naviguant sur internet et le programme m’a plu, toute la partie psychanalytique semblait intéressante. A partir du moment où j’ai pris ma décision, tout s’est fait très rapidement.

Il n’y a pas eu de problèmes vis-à-vis de votre emploi, de vos disponibilités ?

Un peu pour le Master 1, j’ai dû poser mes congés pour suivre les cours, mais comme j’avais de bons résultats, l’hôpital m’a proposé de financer le Master 2 via l’ANFH (Association Nationale pour la Formation Hospitalière) et m’a octroyé 48 journées d’absences dédiées à la formation. Étant relativement active, quand les cadres ont validé mon dossier, j’ai tout de suite dit oui, sachant que je pourrai mener les deux activités de front.

Comment se déroule la formation en tant que telle ?

Il est possible de la faire en parallèle de son travail, sur une ou deux années. J’ai fait mon Master 1 en deux ans, pour le Master 2, grâce aux facilités professionnelles, je le passe en une année.

Tout au long du cycle, nous avons 22 jours de séminaire, orchestrés par des intervenants extérieurs : chercheurs-doctorants ou professeurs par exemple. Ils sont généralement dédiés à la méthodologie, à la sociologie des professions, nous en apprenons aussi davantage sur les travailleurs sociaux, ou encore l’importance de l’environnement dans le cadre de notre exercice.

Et puis tous les vendredis, nous avons deux heures de séminaire de recherche par petit groupe avec un professeur maître de conférences.

Et qu’en est-il de la validation du Master, cela passe par la rédaction d’un mémoire ?

Exactement, c’est le gros du travail, mais il y a aussi des examens sur table, une analyse de thèse et il faut bien sûr soutenir son mémoire à la fin de l’année. C’est d’ailleurs l’enjeu principal du second semestre. Lors du premier nous apprenons surtout à comprendre la recherche clinique, à mener un entretien et à l’analyser par la suite. Tout cela demande beaucoup de connaissances en psychanalyse qu’il faut faire siennes.

Selon vous, quels sont les points forts et les points faibles de ce Master 2 ?

À titre personnel, cela permet de couper un peu d’avec le milieu hospitalier, tout en apportant un nouveau point de vue sur son métier, c’est assez stimulant. Je peux cette année approfondir la place de l’inconscient dans la relation avec le stagiaire. Toutes ces réflexions et ces remises en questions m’ont également rappelé pourquoi j’avais choisi cette voie, cela redonne un coup de fouet à ses motivations.

Pour ce qui est des points faibles, j’aurai souhaité davantage de cours de psychopédagogie… Et les dates des séminaires ne sont pas toujours fixes, c’est donc parfois compliqué de s’organiser.

Si c’était à refaire, signeriez-vous de nouveau ? Et quels conseils donneriez-vous aux futurs étudiants ?

Je referais tout pareil car j’ai l’impression d’avoir accéléré mon expérience ! Ce Master pourrait me permettre de changer d’échelon et peut-être de devenir formatrice ou en tout cas de gérer la partie formation de mon service.

Enfin, je conseille à ceux qui hésitent d’être disponibles intérieurement, d’accepter de se faire un peu bousculer. Il faut avoir soif d’apprendre, être curieux et surtout se prendre au jeu de retourner à l’école.  
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