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Bénédicte, professeur des écoles

Ils vous en parlent : une reconversion tardive en professeur des écoles

Stéphanie Guzman | 15/01/2017

Reconversion : à 38 ans, Bénédicte P. a décidé de devenir professeur des écoles. Cursus Pro l’a interrogée sur ses motivations, son parcours et sa formation.

Car on ne devient pas  « instit » sans un solide bagage. Malgré son bac +4 en droit, Bénédicte P. est retournée deux ans sur les bancs de l’école… en formation initiale.

1-Pouvez-vous nous résumer votre parcours professionnel   ?

Après mon bac littéraire, je me suis orientée vers des études en droit, et ai validé une maîtrise en droit privé en 1999. Ces années d'études m'ont permis de découvrir des universités et villes différentes, notamment une année en Angleterre ; ce qui a certainement ouvert mon regard sur le monde, et la diversité.

De retour en France, je suis « montée » à Paris, où le secteur de l'assurance recrutait. J'ai enchaîné des cdd puis un cdi dans ce secteur.

Un déménagement en province et la naissance d'enfants s'en sont suivis. Le parcours dans le secteur de l'assurance n'étant pas satisfaisant (précarité, éloignement, périodes de chômage), j'ai ensuite trouvé un emploi d'AVS (assistant de vie scolaire- temps partiel).

Cette activité, même si elle n'était pas pérenne, m'a permis de renouer avec le monde scolaire et l'enfance, ce que j'ai apprécié. Le poste n'a pas été renouvelé. Assurée du soutien familial, j'ai décidé de mettre à profit mes indemnités de chômage pour entreprendre une reconversion dans le professorat, et me suis inscrite à l'ESPE (École supérieure du professorat et de l'enseignement) qui a remplacé l’IUFM.

  

2-Vous avez choisi de devenir professeur des écoles à l’âge de 38 ans, pouvez-vous nous en dire plus sur vos motivations ?

Ce métier ne m'était pas étranger, venant d'une famille d'enseignants ; je connaissais plusieurs des difficultés et des satisfactions d'ordre pratique et professionnelle.

De plus, j'avais eu par le passé plusieurs expériences soit de transmission de savoir (monitrice, formatrice en anglais pour adultes), soit de contact avec les enfants (colonie de vacances, avs), et je me savais plutôt à l'aise avec ce public.

 

3- Comment s’est déroulée votre formation?

Entrer dans la fonction publique signifie passer un concours, en l'occurrence le CRPE, et implique donc une préparation, et parfois des échecs (environs 20 % des candidats sont reçus).

J'ai été admise à l'ESPE, d'abord en Master 1re année MEEF (métier de l'éducation, de l'enseignement et de la formation), puis, suite à un échec au CRPE, en année de préparation, toujours à l'ESPE.

J'ai été reçue au concours du printemps 2015. L'année de Master 1 fut très prenante tant par les cours en présentiel (30 à 35h/semaine, stage de 2 x 2 semaines d'observation et en situation) qu'en travail personnel.

La 2e année fut moins exigeante en cours, car seuls les matières présentées au concours sont travaillées et demandent un présentiel. Mais il faut fournir un important travail personnel. La formation a été efficace, dans la mesure où j'ai finalement été recrutée.

Un stage de un an suit le recrutement par concours. La moitié du temps est devant les élèves (même classe toute l'année, partagée avec un autre stagiaire), l'autre en formation, pour valider la 2e année de master, ou un DU Adapté, si vous êtes déjà lauréat d'un Master2.

A vous de trouver un 3e temps pour le travail personnel de préparation de classe/corrections et de rendus universitaires, et un 4e temps pour vous et votre famille !

 

4- Avez-vous reçu des aides ?

La formation (inscription, frais de déplacement) a été financée par mes indemnités Assedic et j’ai bien entendu puisé dans mes économies personnelles et celles de mon conjoint. 

L’inscription en Master MEEF 1re année coute 260 €, les frais de formation 704 €.

 

5- Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les difficultés furent variées : déplacements quotidiens (160km/jour), reprendre le rythme de concentration en position assise deux heures durant, comprendre les attentes, s'astreindre au travail personnel de préparation/corrections/recherche, rejeter les invitations, les sorties, faire admettre son indisponibilité à la famille, aux proches, remettre à plus tard tout projet autre (entretenir sa maison et son jardin tout simplement).

Par contre la fréquentation de condisciples dont plusieurs sont nés quand j'apprenais à conduire, ne fut pas difficile, ces relations furent très réjouissantes ; et je n'étais pas la seule trentenaire avec enfants à faire ce parcours de reconversion. La rencontre avec certains formateurs fut aussi très enrichissante et motivante.

  

6-  Où en êtes vous aujourd’hui ?

Ouf, ça y est ! Je viens tout récemment d’être titularisée et avec quelque retard, vu des circonvolutions administratives. Tout n’est pas toutjours simple avec l’Education Nationale.

 

7 – Et si c’était à refaire ?

J'entre tout juste dans le métier, titularisée. Je m'attends à des premières années avec des difficultés d'affectation de poste (remplacements, mobilité annuelle sur le département), ce qui est inhérent à la fonction; donc en connaissance de cause, c'est quand même le métier que je veux  exercer, car les satisfactions en terme de transmission et de relations humaines sont réelles. D'ailleurs, je vais dès la rentrée assurer deux mi-temps, chacun sur des doubles niveaux, soit quatre niveaux de classes de primaire.

8- Quel conseil donneriez-vous à  quelqu’un désireux d’adopter votre démarche ?

J’en donnerai quatre :

  1. Soyez convaincu/e (il est possible de faire des stages en école en dehors du cursus ESPE, pour tâter le terrain),
  2. Soyez aidé(e) et soutenu(e) moralement, financièrement, matériellement),
  3. Faites le bon choix de la préparation au concours (coût, éloignement, temps de présentiel, capacité à l'autonomie, besoin d'émulation).
    Il est en effet possible de préparer le concours à distance CNED ou en semi-présentiel (FORPROF)… Et tout seul, avec les annales et les manuels de prépa chez les éditeurs habituels (Nathan, Hatier…),
  4. Ne choisissez pas ce métier que pour le salaire (bof) ou les vacances (à part celles d'été, elles sont dédiées en grande partie au travail de préparation/correction/formation personnelle).
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