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José A. master 2 Dauphine économie et gestion des établissements de santé

José A., du Bâtiment au secteur sanitaire et social

Louis K. Noël | 05/06/2015

José A., 42 ans, a choisi la case formation continue et diplômante pour rebondir. Cet ex-directeur production logistique dans une entreprise du Bâtiment de l’Aube a donc entamé le master 2 Economie et gestion des établissements de Santé de l’université Paris Dauphine dans le cadre d’un plan social. Il nous détaille ce changement de carrière radical qui concrétise aussi un choix de vie.

Pourquoi avoir décidé de passer par la formation continue pour rebondir ?

Je voulais redonner du sens à ma carrière. Je souhaitais m’orienter, de plus, vers un secteur plus porteur en termes d’employabilité. Compte tenu du contexte du vieillissement de la population, le secteur sanitaire et médico-social offre des opportunités de postes, notamment dans le management de structures type EHPAD. Dans le Bâtiment, domaine dans lequel j’exerçais, les indicateurs économiques ne sont pas au vert, à moyen et à long terme. Enfin, je souhaitais capitaliser mes expériences passées dans un nouveau secteur d’activité.

Vous avez donc préféré quitter votre entreprise ? 

J’ai en fait été volontaire au départ, dans le cadre d’un PSE (plan social) au sein de mon entreprise de vente d’articles spéciaux pour le béton armé destiné au gros œuvre. Ma direction aurait souhaité me conserver dans les effectifs comme manager pour différents sites de production et d’approvisionnement. Mais cette évolution supposait des déplacements beaucoup plus fréquents dans la mesure où le siège social avait été transféré en région parisienne. Et, à terme, sans doute un déménagement. Comme la société avait accepté de prendre en charge des formations à hauteur de 6 000 € par salarié dans le cadre du PSE, j’ai préféré partir. Très rapidement j’ai opté pour le M2 Economie et Gestion des établissements de la Santé de Dauphine. Cependant, dans mon cas, les frais de déplacement et d’hébergement à Paris n’étaient pas pris en compte. L’astuce a donc été de faire financer le master par mon ancienne OPCA. Ma société a donc accepté de prendre à sa charge les seuls frais de déplacement et d’hébergement.

Combien de temps avez-vous travaillé dans cette société et quel a été votre parcours précédemment ?

En tout, j’ai travaillé six ans dans cette société. Avant cela, j’ai été responsable logistique dans une société américaine de portes de garage et précédemment dans une centrale d’achat chez Leclerc comme responsable approvisionnement. Côté formation initiale, j’ai une maîtrise AES, option administration et gestion d’entreprise. A noter qu’en 2002 j’ai obtenu un DESS en logistique et gestion des flux via une formation continue et diplômante.

Pourquoi avoir choisi le M2 de Dauphine ?

J’avais rencontré une ancienne étudiante qui avait suivi ce cursus. Ensuite j’ai préparé plusieurs dossiers dans différentes structures mais, très vite, j’ai été admissible à Dauphine. En termes de calendrier, la formation correspondait le plus à ce que je voulais faire pendant cette année de transition. Logistiquement parlant, les deux jours collés (lundi, mardi) me conviennent : je ne passe ainsi qu’une nuit à Paris.

La renommée de l’université Dauphine a-t-elle compté dans votre choix ?

Je sais que l’université a une aura nationale. De là à avoir la certitude de trouver un emploi grâce au nom… Le plus important pour moi est d’obtenir une formation diplômante cohérente avec mon projet professionnel, ce que m’offre ce master. Enfin, ce qui m’importe avant tout, c’est l’employabilité du secteur.

Votre promotion compte-t-elle d’autres profils comme le vôtre, étranger au secteur de la santé ? 

Sur une promotion de 30 personnes, nous sommes trois. Moi-même, et pour les deux autres, l’une vient du marketing dans l’édition, et l’autre était consultant financier. 

Vous êtes marié et l’heureux papa de deux enfants en bas âge (3 ans et 5 ans) : parvenez-vous à concilier déplacements à Paris, vie de famille et études ?

Par chance, mon épouse est infirmière à l’hôpital : elle a réussi à s’organiser pour ne pas être sous des conditions d’astreinte les lundis et mardis, mes jours de cours à Dauphine.

Enfin, les jeudis et vendredis, j’effectue mon stage, dans le cadre du projet professionnel du M2, au sein d’un EHPAD de ma région.

Ce stage pourrait-il déboucher sur une embauche ? 

Sans doute car il fait partie d’un réseau important. Ils vont d’ailleurs ouvrir un nouvel établissement prochainement. Même si l’Aube reste mon département de cœur, je n’hésiterai à déménager pour une nouvelle carrière. Comme moi, ma femme est mobile. Sa profession d’infirmière offre des opportunités toute France. 

Quel type de postes allez-vous cibler après votre formation ? 

Directeur d’EHPAD idéalement. Mais, bien entendu, je suis prêt à débuter avec un poste d’adjoint de direction. Car j’ai bien conscience qu’il faut acquérir des niveaux d’expérience et de compétences dans un secteur encore inconnu pour moi.

Quels conseils pourriez-vous prodiguer aux personnes qui sont tentées de passer par la case formation continue et diplômante pour changer de voie, voire de vie ?

La France a une culture du diplôme. Vous aurez donc être beau être le meilleur des meilleurs dans votre domaine d’expertise, si vous n’avez pas les diplômes qui valident un certain degré rémunération et de responsabilités, vous risquez de bloquer votre progression professionnelle.

Un moment ou à un autre, le manque de diplômes vous décrédibilisera par rapport à d’autres personnes qui seraient plus diplômés. Les recruteurs essaient de sécuriser leur choix et cela passe par le type et le niveau des formations suivies. C’est ma perception. Aussi si vous voulez changer de secteur, ou simplement évoluer dans votre métier, il faut toujours chercher à se former afin de valider ses acquis. Il faut éviter de s’endormir sur ses lauriers, car personne n’est jamais à l’abri d’un retournement de situation… 

Vous n’avez aucune crainte quant à une future embauche dans le secteur que vous avez choisi ?

Je reste toujours sur la réserve. Même si on vous dit que votre profil intéressera, tant que vous n’êtes pas confronté à la réalité du marché du travail, tant que je n’aurai pas eu de propositions, j’aurai toujours des craintes.

Avec le recul, vous ne regrettez pas votre choix ?

Si j’étais vénal, je pourrais regretter mon niveau de rémunération. Car je sais que je m’oriente vers un domaine d’activité où ce dernier n’est pas foncièrement au rendez-vous. Ceci dit, en termes de confort, de qualité de vie, je me sentirai plus en phase avec moi-même dans ce domaine du service à la personne. Voilà pourquoi, notamment, j’ai décidé de ne pas cibler un secteur marchand, même si je suis amené à travailler dans une structure privée qui a des obligations de rentabilité. Cependant, en travaillant dans un secteur comme celui-ci, j’aurai le sentiment de me donner une raison de me lever tous les matins.

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