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Un Mba pour l'industrie musicale

Un MBA spécialisé dans l’industrie musicale en tête des charts !

Jonathan Moules | 02/01/2017

Grâce au MBA musique de Henley Business School, les créatifs peuvent faire le plein de compétences en management tout en étudiant l’économie du streaming et celle des droits d’auteur.

Lorsqu’il ne bat pas la mesure sur scène pour Annie Lennox ou Robert Plant, le batteur Barry van Zyl écrit de la musique pour la télévision. Mais ce n’est pas tout : pendant une tournée en 2016, Mr van Zyl a passé l’essentiel de son temps libre à étudier des manuels de cours consacrés au business et à prendre des notes en vue d’un essai de 5000 mots sur la stratégie d’entreprise. En effet, avant de partir pour une tournée de cinquante dates à travers les Etats-Unis, Barry van Zyl s’était inscrit à un MBA. Aujourd’hui diplômé, il s’étonne encore d’avoir réussi à jongler entre sa batterie et des exercices de cas pratiques. « En tant qu’artiste, je sais que je dois me réinventer mais je n’aurais jamais pensé que cela irait jusqu’à m’inscrire en école de commerce », dit-il.

Des cours et une tournée

Ils sont une poignée d’artistes à avoir, comme Barry van Zyl, terminé le MBA d’Henley Business School (près de Londres), un programme destiné aux professionnels du secteur de l’industrie musicale. Barry avait entendu parlé du MBA via Jon Foster-Pedley, directeur de Henley Business Africa, qui lui avait offert un espace sur le campus de Johannesburg afin qu’il puisse développer ses propres ateliers.

Henley Business School a su voir une opportunité dans l’enseignement des compétences requises dans le monde des affaires, à des personnes travaillant dans le secteur de la musique ou des industries créatives.

Un emploi du temps adapté

L’école de commerce anglaise s’est aperçue que le programme, lancé en 2012, devait être flexible. Selon Johan Board, le doyen de l’école, des artistes tels que Barry van Zyl auraient en effet du mal à faire coïncider un emploi du temps universitaire traditionnel avec leurs propres agendas liés aux tournées et concerts,. « Cette industrie est dominée par de petites structures. Leurs dirigeants ont du mal à trouver le temps nécessaire pour terminer un MBA, tout en développant leur activité » ajoute-t-il.

Sur les 40 étudiants d’une promotion, 10 viennent du secteur de la musique ou sont des créatifs. A ces étudiants, l’école donne des cours additionnels les concernant directement, comme l’économie du streaming ou les droits d’auteur.

La rencontre de deux univers

Pendant la première moitié de ces 30 mois de cours à Henley, Barry van Zyl a caché à ses contacts de l’industrie de la musique et à ses partenaires de scènes, qu’il était redevenu étudiant.

Il a même pensé quitter le programme à plusieurs reprises. « Je me demandais bien ce que j’étais en train de faire » dit-il. Mais au fur et à mesure qu’il gagnait en confiance, il a pu mesurer les bénéfices de l’enseignement en école de commerce, comme par exemple lorsqu’il a fait appel à un réseau d’élèves pour lancer Slaves to the Rhythm, un institut de formation à destinations des cadres ayant un penchant musical.

Il pose autant de questions à ses élèves - des hommes d’affaires -, qu’eux-mêmes lui en posent sur sa vie de musicien. Cela ne manque pas de les surprendre. « Ma capacité à traiter, analyser et gérer des données s’est développée », dit il. « Je mène des discussions avec une confiance que je n’avais pas avant la formation».

Un accélérateur de carrière ou un moyen de ne pas quitter un secteur sinistré

Johann Gouws a terminé le MBA musique d’Henley en étant basé aux Etats Unis. Il a en effet déménagé au Tennessee avant la fin des cours après avoir obtenu un poste à Alfred Music, une société spécialisée dans l’édition de matériel pédagogique à destination des personnes qui apprennent un instrument de musique.

Ses collègues américains sont plus nombreux que ses anciens collègues de l’industrie musicale londonienne, à posséder un diplôme de MBA, mais il est le seul à avoir une spécialisation.

Quand la société de logiciels d’enseignement Peaksware a fait l’acquisition d’Alfred en 2015, Mr Gouws a été propulsé vice-président des ventes internationales, promotion qu’il attribue au moins en partie, à son MBA spécialisé.

« Le fait d’avoir dans le cadre du MBA, écrit sur les services de streaming et les conséquences de ces services sur les musiciens indépendants, a aidé »

Stan Dwight est un autre diplômé du MBA Musique de Henley. Il a postulé au programme après s’être fait licencié pour raisons économiques du poste de contrôleur financier qu’il occupait chez la société britannique Chrysalis, au moment où celle-ci se faisait rachetée par BMG Management.

Afin de financer son MBA, il a travaillé comme directeur financier et consultant, tout en suivant les cours à Henley. Il a ensuite développé son activité après la remise des diplômes. M. Dwight préférerait retrouver un poste de salarié à temps plein dans l’édition musicale mais les opportunités sont rares suite au phénomène de concentration que connaît le secteur.

La musique : une spécialisation trop pointue ?

Mais tout le monde n’est pas persuadé qu’une spécialisation aussi pointue pour un MBA, soit une bonne idée. Bjavik Trivedi, dont la société Critical Square conseille plus de 100 étudiants par an, au sujet des entrées en école de commerce, considère que les spécialisations ne devraient pas être un critère déterminant pour celles et ceux qui souhaitent améliorer leurs chances de trouver un emploi.

Se focaliser sur le secteur de l’industrie musicale alors que les opportunités en terme d’emploi sont limités revient à se « sur-spécialiser », affirme t-il. Ceux qui s’approchent de la trentaine et souhaitent trouver un poste dans la musique seraient mieux avisés de faire un MBA généraliste puis d’obtenir une première expérience dans le secteur.

A l’inverse, la spécialisation peut être utile pour ceux qui sont plus avancés dans leur carrière et veulent basculer dans l’industrie musicale, ajoute Bjavik Trivedi. Mais plus important que tout, conclue-t-il, il faut choisir une école pour sa réputation.

De plus en plus de spécialisations dans les MBA

On note ces dernières années un intérêt grandissant pour les MBA spécialisés. Au Royaume Uni, l’école de commerce de Nottingham University propose un MBA spécialisé dans la santé qui intègre des visites chez Boots, la chaîne anglaise de parapharmacie. Anglia Ruskin University à Cambridge a développé un MBA en leadership et management dans l’enseignement.

De tels programmes permettent aux écoles de se faire connaître plus largement auprès d’étudiants qui n’auraient pas forcément considéré l’option du MBA.

« C’est essentiellement la renommée de votre école de commerce qui, dans votre entreprise, vous permettra de faire partie de ceux dont on étudiera le profil pour une prochaine promotion », assure Mr Trivedi.

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