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Les Business Schools tirent profit de perspectives diverses

Les Business Schools tirent profit de perspectives diverses

Della Bradshaw | 04/07/2016

Ce n’est que la première heure du premier cours du programme executive MBA Trium à Londres et le professeur Robert Falkner de LSE, un économiste politique, pose la question suivante : « Pourquoi la globalisation fait-elle controverse ? »

Alors que les 69 participants se regroupent par deux ou par trois pour trouver des idées, il est vite clair que les points de vue sont très variés dans la promotion.

« Le seul point controversé est le flux de capital, » déclare un participant. D’autre ont un point de vue différent et citent des problèmes comme la pollution, les incertitudes et l’érosion des identités nationales.

Pour EitanZemel, vice doyen pour les programmes globaux et executive à NYU Stern – qui a conçu le programme Trium avec LSE et HEC Paris – ce panel éclectique d’idées et justement ce qui rend le programme Trium si spécial.

« Nous ne savions pas au départ à quel point cela s’avérerait actuel et la résonnance que cela prendrait » dit-il.

Trium est l’un des cinq programmes qui culmine dans un groupe à part au sommet du classement Financial Times des EMBA - des MBA pour des managers en poste. Bien que chacun de ces programmes tire sa force de deux écoles ou plus, les angles d’attaque diffèrent.

Le programme de la London Business School et de Columbia réunit des expertises provenant du cœur de deux des plus grands centres financiers mondiaux, alors que les trois autres apportent des perspectives différentes sur l’Asie et ses relations avec l’Europe et les USA.

Urs Peyer, doyen des programmes diplômants à l’Insead, dit que l’une des forces de son diplôme commun avec Tsinghua est la connaissance profonde des enseignants chinois sur la Chine et son économie. « Nous apprécions la vue détaillée qu’ils nous apportent. En Chine, il faut cette connaissance interne de la politique et des autorités de régulation. »

La force de Trium réside dans les points de vue et styles d’enseignement très différents pour ces trois institutions, dit le professeur Zemel. « Nous ne pourrions pas concevoir tout seul quelque chose qui s’en rapproche. C’est un portfolio à corrélation négative des différentes écoles. »

La plupart des 11 business schools impliquées dans ces cinq programmes d’élite ont aussi leur propre programme. Cette fragmentation et diversification vient en fort contraste avec les programmes MBA à temps plein, où les écoles de haut de classement n’ont qu’un seul programme.

Certaines écoles poussent cette fragmentation encore plus loin. L’IE Business School à Madrid, qui a des programmes EMBA en de multiples formats, a vu aussi une croissance réelle des diplômes executivecorporate, dit le doyen Santiago Iñiguez. Cette année l’école va gagner 2,8 millions d’Euros pour des diplômes de master adaptés aux besoins spécifiques des entreprises.

« Ils combinent le MBA avec leur contenu général et intègrent du contenu spécifique, » explique-t-il. Dans la région du Golfe, par exemple, les diplômes corporate incluent des cours en finance islamique.

Même pour les écoles qui n’offrent que leur propre diplôme EMBA, ces programmes executive sont presque toujours les plus globaux quant à leur contenu et leur portée que tous les autres diplômes délivrés par l’école. Même les programmes EMBA les mieux établis prennent le temps d’enseigner à des participants à l’étranger. L’EMBA de Chicago Booth, par exemple, qui se targue d’être le plus vieux EMBA dans le monde, enseigne maintenant à des cohortes à Chicago, Londres et Hong Kong.

Ce mouvement du local vers le global ne concerne pas seulement les Etats Unis ou l’Europe. Camelia Ilie-Cardoza est doyen pour les programmes executiveà la business schoolIncae au Costa Rica, qui accueille maintenant ces participants EMBA à Boston aux Etats-Unis, en Espagne et en Chine.

Il en résulte un accroissement du nombre des participants et donc du chiffre d’affaire. Il y avait 80 participants l’année dernière, ils sont 117 cette année. Avec une augmentation des frais d’étude, cela a fait progresser les revenus de l’EMBA de 53% par rapport à l’année précédente dit le professeur Ilie-Cardoza.

Cette envolée des recrutements se retrouve dans tout le secteur de l’EMBA, en fort contraste avec des recrutements moins reluisants pour les programmes MBA à temps plein.

Une des raisons est que le marché des EMBA a été à l’avant-garde des expérimentations dans l’enseignement assisté par la technologie, autorisant ainsi les écoles à attirer vers leurs programmes des participants venant de loin en leur offrant beaucoup de flexibilité dans la manière dont l’enseignement est dispensé.

Diane Morgan, doyen associé des programmes à l’Imperial College Business School, pense que cette flexibilité et cette fragmentation va augmenter, avec des compagnies à la recherche d’une combinaison d’enseignements executive courts et quelques cours sur mesure qui puissent être rassemblé et certifié comme un EMBA ou un autre type de diplôme.

« Selon les cas, les candidats deviennent plus expérimentés ou alors ils deviennent plus jeunes, » dit-elle.

Pour beaucoup de participants à des formations EMBA, c’est la richesse d’expérience parmi les participants qui apporte autant de valeur que les recherches du corps enseignant. « Quand nos professeurs vous regardent, il contemplent 1200 ans d’expérience, » dit le professeur Zemel à la promotion Trium.

Et les participants sont prêts à payer le prix. Un des grands changements sur le marché des EMBA sur la dernière décennie a été la source de financement. Il y a vingt ans, presque tous les participants étaient financés par leur compagnie ; aujourd’hui, la grande majorité paye de leur poche pour la formation.

Cela a amené les business schools à reproduire certains des services offerts aux étudiants MBA.

« Je vois que la plupart d’entre nous sur le marché mettre en place des services carrière conséquents, » dit Morgan.

D’autres aspects doivent encore changer. Pendant des années, les business schools se sont creusés les méninges sur comment accroître le nombre de femmes inscrites dans leurs formations executive de haut niveau – le nombre de participantes dépassent encore rarement les 30 %.

Cette année, à l’école de management de Yale, 41% des 63 participants sont de femmes ce qui est un record, dit David Bach, doyen associé senior. Ce qui est le plus significatif est le taux de rétention, dit-il, avec 90% des femmes admises au programme qui sont effectivement recrutées – à comparer avec 82% pour les hommes.

Le professeur Bach pense que le focus de Yale sur business et société aide. « Ce n’est pas ‘Faîtes-moi accélérer ma carrière à Wall Street’. » Mais il avance aussi que c’est le niveau de support individualisé donné pendant le processus d’admission qui est également critique. « Les femmes nous ont dit qu’elles le ressentait comme beaucoup plus axé sur la communauté et non comme purement transactionnel, » dit-il.

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