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Le lent apprentissage de la mixité par les écoles de commerce asiatiques

Le lent apprentissage de la mixité par les écoles de commerce asiatiques

Gabriel Wildau | 11/07/2016

Le manque actuel de femmes managers en Asie met un coup de projecteur sur les écoles  de commerce du pays et leur manière de gérer la diversité.

Alors que les initiatives pour développer les talents féminins sont déjà fermement  établies au sein des écoles de commerce européennes et américaines, elles démarrent tout juste chez leurs homologues asiatiques.

L’une des conséquences engendrée par ce phénomène est que les femmes sont sévèrement sous représentées au sein des directions financières des entreprises de la région. Seuls 13% des cadres et 14% des membres des comités de direction de ces sociétés sont de sexe féminin selon le consultant en management Oliver Wyman, des chiffres à comparer avec les 21 % de cadres femmes et les 23 % de membres de sexe féminin présents au sein des comités de direction des sociétés financières américaines. Pour l’Europe, ces taux sont respectivement de 16 % et 24 %.

Sean Ferguson est vice-doyen des programmes de Master au sein de la Hong Kong University of Science and Technology qui attire des étudiants de toute la zone Asie. Il ne peut qu’observer le contraste existant entre les universités asiatiques et les écoles américaines puisqu’il a travaillé pour le MBA de l’université américaine de Rice. L’école Texanne organise par exemple un week -end réservé aux futures candidates, leur permettant de découvrir l’école avec prise en charge partielle de leurs frais de voyage et d’hébergement.

« En Asie, existe ce sentiment général que si vous faîtes quelque chose de spécifique pour les femmes, vous devez faire un geste pour aider les hommes également » Mais si vous regardez les disparités au sein des comités de direction et parmi les cadres supérieurs, il faut vraiment que nous nous attaquions au sujet. »

L’un des moyens d’accompagner mieux les femmes serait de développer des programmes qui correspondent mieux à leur style de vie. Dans les programmes de MBA et EMBA, l’étudiant type a traditionnellement entre 5 et 15 années d’expérience, ce qui correspond à un moment de la vie où bien souvent les femmes envisagent d’avoir des enfants. Les programmes de début de carrière tendent ainsi à accueillir une plus grande proportion de femmes dans les promotions.

Au delà des obstacles culturels, certaines écoles de commerce asiatiques essaient tout de même de montrer l’exemple. 20 First, l’agence de consulting spécialisée dans la diversité a par exemple mis en avant la Hong Kong University qui accueille 40% de femmes parmi ses étudiants et dont 30 % du corps enseignant est également de sexe féminin. L’agence a  notamment mis en avant le fait que le club de l’université « Women in Leadership » a créé un partenariat avec l’association « Women in Finance Asia » pour organiser des évènements de networking et des forums de discussions.

Kritika Kumar a passé quatre années à l’agence de notation Moody’s avant d’intégrer HKU où elle occupe le poste de présidente du Women Leadership Club. « Les écoles de commerce dans certains pays comme la France et les Etats Unis œuvrent déjà dans le sens de plus de diversité et il est temps que l’Asie s’y mette».

En Chine continentale, Antai College of Economics and Management à la Shanghai Jiao Tong University attire de très nombreuses étudiantes. Liu Yao, diplômée de l’école en 2006, est aujourd’hui vice-présidente de la Shanghai Jiayin Financial Services qui gère la plateforme de prêt Ni Wo Dai. Elle a œuvré pour que Ni Wo Dai devienne l’une des premières plateformes de prêt online à se développer offline.

En Asie, nombreuses sont les cadres supérieurs femmes travaillant dans la finance  à avoir fait une école de commerce en Occident. Teresita Sy-Coson, à la tête de BDO Unibank, une importante banque Philippinne, a étudié à la New York University avant de revenir dans son pays natal. Jeannette Wong, aujourd’hui à la tête du département Institutional Banking de DBS Bank à Singapour, est titulaire d’un MBA de l’Université de Chicago. Elle fait du mentoring dans son ancienne école mais également pour les étudiantes de première année en business de l’Université de Singapour.

L’agence 20 First note qu’il est souvent plus facile d’obtenir une sorte d’équilibre hommes/femmes dans les promotions qu’au sein de l’équipe enseignante. De manière générale, sans évolution sociale majeure, il y a des limites à ce que les écoles de commerce peuvent obtenir. Dans le programme de MBA en langue chinoise de China Europe International Business School, dédié à des profils de cadres supérieurs, seuls 27 % des étudiants sont des étudiantes contre 42% dans son MBA Finance, qui lui s’adresse à des profils plus jeunes.

Zhang Yua, une étudiante en MBA au sein de Renmin University à Pekin a expérimenté la discrimination lorsqu’elle a postulé à des stages en finance. « Tout spécialement en finance, les recruteurs déclarent sans ambages qu’ils privilégient les candidatures masculines » avance-t-elle « ou alors dans certaines annonces, certaines institutions financières indiqueront que les candidates doivent mesurer au minimum 1m60 et être élégantes ». Les défenseurs des droits des femmes souhaitent que les écoles de commerce contribuent au changement social en traitant dans l’enseignement le sujet de la diversité dans le monde du travail. « L’enseignement au sein des écoles a tendance à être « gender blind » et on confond ainsi neutralité avec égalité » indique Catherine Ng, professeur de management et de marketing à la Hong Kong Polytechnic University. « Je pense que c’est une erreur. En faisant ainsi abstraction du fait que les femmes et les hommes ne sont pas traités de manière équitable dans la vie professionnelle, l’enseignement dans les écoles de commerce contribue à renforcer un modèle de culture d’entreprise qui favorise les hommes par rapport aux femmes. »

 

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