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Holberton School étudiants

Holberton School : la Silicon Valley innove grâce à des français !

Stéphanie Guzman | 30/08/2017

Le système éducatif américain est l’un des plus inégalitaires du monde. Il suffit pour s’en convaincre de discuter quelques instants de ses études avec un(e) américain(e) et très vite dans la conversation surgira le problème des « student loans » (prêts étudiants).Certes, nous aussi français, devons parfois emprunter pour poursuivre des études universitaires mais il est rare que nous trainions nos emprunts comme des boulets jusqu’à la soixantaine…C’est pourtant le cas aux USA : le système s’est peu à peu grippé et les médias et pouvoirs publics parlent aujourd’hui de véritable crise du prêt étudiant (Student Loan Crisis).La dette moyenne d’un étudiant diplômé en 2016 est de 37 000 dollars et 44 millions d’américains doivent rembourser aujourd’hui des emprunts contractés pour financer leurs études, parfois plusieurs décennies après la fin de celles-ci. C’est pour cette raison que la Holberton School et son système permettant à tout jeune ou moins jeune, d’accéder à l’école sans débourser un centime et donc s’endetter, fait figure d’anomalie.

A Holberton : enseignement gratuit et pédagogie ultra-innovante

Holberton accueille 150 étudiants américains de 18 à 56 ans, venant de tout milieu social. « La plupart des étudiants n’ont jamais codé », précise Julien Barbier, l’un des trois fondateurs. « Nous les sélectionnons en ligne grâce à un algorithme ». Il y a 40% de filles, un taux assez élevé dans un milieu qui reste généralement très masculin.

L’innovation se niche non seulement  dans le mode de sélection à l’entrée mais aussi dans la pédagogie basée sur le tutorat et le « peer to peer ». Mais c’est surtout le modèle économique qui interpelle. Il n’ y a en effet pas de coût initial ou de droit d’entrée (upfront fee) pour l’étudiant. L’école se rémunère ultérieurement en pariant sur l’avenir professionnel de ses élèves : pendant 3 ans, Holberton School percevra 18% du montant du salaire perçu par le diplômé. Quand on connaît les salaires que touchent les développeurs dans la Silicon Valley,  le système paraît pérenne. « Nous estimons que le salaire moyen d’un de nos diplômés sera de 100 000 dollars annuel sans compter les prîmes et stock-options ». Il semblerait que l’équipe composée de trois ingénieurs français ait donc déjà gagné son pari puisque le taux d’embauche est de 92 %, un chiffre extrêmement réjouissant lorsqu’on sait que la première promotion ne sortira qu’en fin d’année.

Contrairement à un Boot Camp réservé à des participants qui savent déjà coder et d’une durée de 3 mois, un cursus à Holberton dure en effet 2 ans.  Selon Julien Barbier, une formation du même type (même si il est difficile aujourd’hui de trouver véritablement un programme équivalent) couterait à l’élève 120 000 dollars.

Des mentors en or

Si la comparaison a été rapidement faite avec l’école 42 située dans le 17ème arrondissement de Paris, beaucoup de choses séparent les établissements. Si les deux écoles innovantes partagent bien le même but – former des développeurs- et certaines méthodes comme le recours au « peer learning » et le « no teacher », les deux formations sont très différentes, nous assure Julien Barbier. L’enseignement à Holberton est en effet très organisé contrairement à l’Ecole 42 où les étudiants choisissent de travailler à leur rythme. Selon les fondateurs d’Holberton, faire appel aux pairs, ne signifie pas absence de structure et d’encadrement. Le rôle des mentors- des professionnels venus des entreprises des alentours-, est également central dans la pédagogie développée par l’école californienne.

«A la Holberton School, les étudiants doivent travailler en même temps sur les mêmes projets, avec des deadlines, comme ce sera le cas dans leur futur métier ». Ils sont accompagnés pardes professionnels venus de Microsoft, Google, Slack, Facebook, IBM…

Julien Barbier se félicite de l’enthousiasme déclenché par le projet : « Nous avons actuellement 120 mentors, et plus de 200 sur liste d'attente. Nous venons même d'embaucher quelqu'un pour nous aider à travailler avec eux car nous avons été complètement submergés par les demandes de professionnels qui voulaient aider et participer».

Et  côté étudiants, les résultats sont là: avant même de terminer les deux ans de formation, les étudiants ont décroché des postes dans des sociétés emblématiques de la Silicon Valley comme Tesla, LinkedIn, Docker, Dropbox, NASA, etc...

Des projets de développement

Un tel modèle peut–il se dupliquer ailleurs dans le monde ou dans d’autres domaines d’enseignement ? Dans des pays où il y a de véritables pénuries de professionnels qualifiés et où les jeunes diplômés peuvent très facilement trouver des postes rémunérateurs, il est très probable que ce modèle ait de l’avenir. Julien Barbier en est bien conscient même si le marché français n’est pas la priorité. « Nous adorerions ouvrir en France, mais c'est encore un peu tôt pour nous car nous sommes une toute petite équipe. Autre frein, les écoles françaises n’ont pas le droit de se rémunérer en prélevant un pourcentage du salaire pour payer la scolarité… ».

Mais les fondateurs de la Holberton School ont déjà beaucoup à faire aux Etats-Unis. « Nous ne comptons pas nous arrêter à l'informatique, ni aux programmes post-bac ».

Les Français pourraient-ils avoir envie de s’attaquer aux formations business (MBA/EMBA) dont les coûts atteignent des sommets ?  Affaire à suivre.

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