CURSUSPRO vous guide dans le dédale des formations existantes
et vous aide gratuitement à trouver votre nouveau cursus professionnel.

Evoluer, changer de voie, aller de l'avant ? CURSUSPRO, allons-y !

Exportation des écoles de commerce françaises à l'international

L’internationalisation des écoles de commerce françaises

Stéphanie Guzman | 15/02/2018

Il n’y a pas que nos avions et nos musées qui s’exportent de mieux en mieux : nos business schools aussi !

L’internationalisation n’est pas à proprement parler un phénomène nouveau puisque dès 1999, l’INSEAD ouvrait un campus à Singapour, mais la mondialisation croissante de l’économie est passée par là, entraînant une certaine uniformisation des enseignements. La prédominance de l’anglais, l’importance des classements favorisent les comparaisons entre écoles et sont à l’origine d’une accélération de la tendance aussi bien dans le domaine de la formation initiale que de la formation continue. 

Une stratégie de marque

 Cette ouverture des écoles de commerce française à l’international s’effectue de différentes manières : création d’antennes pour avoir une offre multi-campus, recrutement international des élèves et enseignants mais aussi changement de noms avec la mise en place d’une véritable stratégie de marque. Il est en effet plus facile de vendre un Global MBA KEDGE à des étudiants étrangers que le même programme hébergé par l’ESC Bordeaux. Petit état des lieux de ces French Business Schools qui ne globalisent au fil des années.

Lorsqu’on se penche sur leurs plaquettes, on s’aperçoit que nos écoles essaiment principalement en Asie et en Afrique. HEC Paris dispose par exemple d’un campus à Abidjan, d’un autre au Qatar mais aussi de nombreux bureaux de représentation. En 2015, l’ESSEC a ouvert un campus à Singapour et l’année suivante, c’était au tour de Rabat. De son côté, l’EDHEC a choisi Londres et Singapour. Avec un PIB se situant au 3ème rang mondial, la cité-état asiatique a plutôt la côte. Pionnière sur cette destination depuis 1999, l’INSEAD a ouvert 8 ans après une antenne aux Emirats Arabes Unis. Abu Dhabi s’enorgueillit ainsi d’héberger aujourd’hui l’une de nos principales écoles de commerce mais aussi depuis novembre 2017, la première franchise du Musée du Louvre.

 

Un mouvement qui touche toutes les catégories de business schools

 KEDGE, dixième école de commerce française selon le Figaro, revendique 10 campus sur 3 continents mais quand on y regarde de plus près, si deux sites sont situés en Chine et un au Sénégal, les 7 autres établissements sont établis dans l’hexagone.

Doyenne des écoles de commerce, Sup de Co Paris, s’est développée principalement sur le continent européen avec 6 établissements. Elle en a profité pour se transformer en ESCP Europe. Avec un peu de retard, à la fin des années 2000, les ex. écoles de commerce de province avaient emboité le pas aux écoles parisiennes. Elles ont depuis appuyé sur l’accélérateur dans leur stratégie d’expansion à l’international. Toulouse Business School, (ex. ESC Toulouse), s’est installé à Barcelone, à Londres et à Casablanca. EMLYON Business School (ex. ESC Lyon) a également opté pour la capitale économique du Maroc tout en misant sur Shanghaï pour son offre Asie. A contrario, Rennes School of Business (ex. ESC Rennes) a choisi de se développer principalement via des partenariats à l’étranger.

Pour s’internationaliser, la voie la moins couteuse s’avère en effet de mettre en place des partenariats sans ouverture de campus. Certaines écoles revendiquent ainsi des dizaines voire des centaines d’alliances stratégiques. C’est le cas de NEOMA (ex. ESC Rouen et ex. ESC Reims) et d’AUDENCIA (ex. ESC Nantes). L’école nantaise revendique par exemple 260 accords d’échange avec des établissements internationaux pour un seul campus à l’étranger à Pékin.

L’avantage de ces accords ou de ces stratégies multi-sites est clair. Les programmes sont plus attractifs. Les étudiants qui viennent passer un semestre de cours peuvent obtenir des doubles diplômes. Quant aux cadres des programmes executive de type EMBA (Executive Master of Business Administration), en immersion quelques jours ou semaines, ils y nouent de multiples contacts et donnent un vernis international à leur CV.

Sans surprise, l’expansion des business schools françaises se fait surtout avec les économies émergentes comme les BRICS mais les pays de la francophonie représentent également un vrai marché secondaire pour elles tant pour la formation initiale que pour la formation continue.

Il demeure à l’inverse complexe et couteux pour une école française de s’aventurer outre-atlantique en y ouvrant une antenne. Et pour cette destination, c’est le partenariat, par exemple avec Harvard, Kellogg ou MIT Sloan, qui est privilégié.

SKEMA Business School (ex. CERAM et ex. ESC Lille) a néanmoins relevé le défi et s’est implantée en Caroline du Nord où elle accueille des centaines d’élèves sur son campus de Raleigh. En créant une école au Brésil (Belo Horizonte) et en annonçant des projets d’ouverture en Russie, Afrique, Inde et Australie, SKEMA semble avoir une belle longueur d’avance sur ses concurrentes mais … toutes n’ont pas dit leur dernier mot.

Affaire à suivre !

Réagir à l'articleRéagir à l'article

Seul votre prénom et la première lettre de votre nom apparaîtront sur le commentaire