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Innovation et enseignement

Des approches innovantes pour des formations au goût du jour

Jonathan Moules | 28/12/2015

Pour vivre dans le futur, il faut rejoindre la Silicon Valley. C’est ce qu’a fait Sam Grausz qui a traversé les Etats-Unis, quittant un emploi stratégique dans l’industrie des énergies renouvelables à Washington pour reprendre des études de MBA à la Graduate Business School de Stanford.

Quelques jours après, il étudiait côte à côte avec des étudiants de l’Université de Pékin dans l’auditorium à immersion avancée de Stanford où un écran géant de vidéo conférence remplace le tableau noir. Dès la fin de cette semaine, son équipe présentait un plan de start-up à leur classe bi-localisée.

Ce jeunot de 28 ans admet que même un branché du nouveau millénaire comme lui était époustouflé par la qualité de l’environnement d’enseignement mis en place par Stanford, quoique, ajoute-t-il, c’est bien le genre d’innovation qu’on s’attend à y trouver.

« Nous parlons de faire du business dans la Silicon Valley, ce serait un peu étrange si nous n’utilisions pas la technologie la plus sophistiquée, » dit-il.

Et il n’y a pas que Stanford qui s’essaye à de nouvelles méthodes d’enseignement. La Business School de l’Université de Nouvelle Galles du Sud, par exemple, est bien loin de la Silicon Valley mais elle s’est néanmoins essayée à des classes dites « alternées », où les étudiants doivent se familiariser avec des textes et vidéos sur le cours enseigné avant de venir en discuter en classe.

Le bénéfice principal est d’augmenter le désir d’apprendre, d’après Nick Wailes, professeur et doyen associé du digital et de l’innovation de l’UNSWBS, qui note que la participation est plus importante d’un tiers pour les classes alternées.

« Lorsque l’on demande aux gens pourquoi ils participent, ils répondent que c’est car ils ont vraiment l’impression d’apprendre quelque chose, » dit le professeur Wailes, qui ajoute que les classes alternées sont aussi mieux adaptées à l’enseignement de compétences, comme la capacité à coopérer sur des projets en petites équipes, qui sont ce que recherchent en priorité les employeurs.

« Ce n’est pas à nous de maintenir les gens alignés sur les derniers standards comptables, » dit-il. « La chose critique [pour nous] est de leur apprendre à apprendre. »

Pour Ashley Merrill, 31 ans, qui a combiné maternité et création d’entreprise avec un MBA flexible pour les employés à plein temps de l’école de management Anderson de l’UCLA, l’approche des classes alternées a bien marché car parfaitement adaptée aux cycles de sommeil et de nourriture qu’exigeaient son petit bébé et sa jeune entreprise.

« J’ai vraiment apprécié de pouvoir approfondir à mon rythme des concepts que je découvrais en passant plus vite les sujets que je maitrisais déjà bien, » dit-elle. Il y avait également parmi ses camarades de formation de nombreux quarantenaires qui voulaient étudier tout en continuant d’assumer leurs rôles de cadres dirigeants dans des banques ou de cabinets d’avocats.

Le changement vient aussi d’une évolution des cours choisis par les participants. On note ainsi moins de personnes choisissant des sujets traditionnels comme comptabilité ou finance et dans le même temps un accroissement du nombre de ceux qui recherchent des compétences plus diverses comme la capacité d’écrire un business plan ou une accroche pour obtenir des fonds de lancement.

Les cours les plus populaires actuellement, et plus particulièrement ceux qui tournent autour de l’entreprenariat, sont souvent mieux appris en faisant, ce que l’on appelle couramment l’apprentissage par l’expérience, plutôt que par des discussions sur des cas d’école qui furent popularisées il y a un siècle par la Harvard Business School.

A l’école Graziado de business et management de l’université de Pepperdine, par exemple, les participants au MBA travaillent avec des cadres dirigeants sur la durée d’un semestre pour affronter des problèmes concrets d’entreprise. Cette méthode d’enseignement par « cas réel » a apporté une aide pratique à certaines compagnies tout en donnant aux participants le gout de l’apprentissage par l’expérience.

« Dans le passé, nous avions développé de nombreuses façons de créer de l’apprentissage pratique, » dit la responsable de programme Doreen Shanahan. « Mais quand vous êtes dans le monde réel avec une date limite pour arriver au résultat, vous ressentez une réelle pression. »

Un des leaders d’industrie qui a été impliqué dans le programme est Bob Mosbaugh, directeur général de LH Licensed Products (LHLP). Il avait signé un accord avec Honeywell pour l’utilisation de sa marque dans l’industrie des produits de sécurité et voulait tirer parti de ce positionnement sur des marchés extérieurs aux Etats-Unis.

Deux groupes de participants de Pepperdine furent lancés sur l’étude des opportunités de marché au Royaume Uni, en France et en Russie, et LHLP a fini par utiliser des éléments proposés par les deux équipes car ils étaient impressionnés par tout le travail réalisé. « Nous avons obtenu de meilleures idées car nous avions deux équipes en compétition, » dit Monsieur Mosbaugh, lui-même un diplômé du MBA de Pepperdine. Il évalue la valeur de ce qui était d’abord un exercice d’enseignement pour les participants à plus de 100 000 $ pour son entreprise.

« Je pense que je rendais à l’école [en étant impliqué dans ce programme], » dit-il. « Mais j’en ai retiré plus que ce que j’ai donné. »

Une difficulté clé pour les business schools dans ce monde nouveau de l’expérience est de ne pas aller trop loin car il y a toujours une demande combinée pour des méthodes novatrices et conventionnelles d’enseignement.

Kesley Doorey est une diplômée MBA d’Anderson en 2013 qui comme plusieurs de ses camarades de moins de 30 ans est devenue entrepreneur. Bien que la technologie soit un élément clé de sa compagnie de location de robes de demoiselle d’honneur de designers, Vow to Be Chic, elle affirme avoir choisi d’étudier à Anderson car elle préférait passer plus de temps à apprendre sur le campus que dans un environnement virtuel.

« A ce tournant du millénaire, nous sommes encore partagés, » dit-elle. « Je sais que j’aurais été en échec si j’avais dû suivre mes cours en ligne. Si je lance une vidéo, je vais commencer à faire le ménage et je n’arriverais jamais à me concentrer sur ce qui est dit. »

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