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MBA Fashion

De l’art d’intégrer le secteur de la mode et du luxe avec un MBA

Jonathan Moules | 20/06/2017

New York est souvent à la pointe des tendances. Pourtant, en créant en mai dernier, un MBA spécialisé en 12 mois consacré au luxe et à la mode, on a plutôt l’impression que NYU Stern School of Management emboite le pas aux autres écoles.

Les programmes de Master et de MBA consacrés à la mode sont en effet en vogue. Des douzaines d’écoles de commerce autour du monde proposent des formations pour celles et ceux qui veulent progresser ou se reconvertir dans le secteur.

Parmi-celles-ci, on trouve des institutions bien classées dans les palmarès du Financial Times comme HEC Paris, London Business School, Politecnico di Milano School of Management ou emlyon Business School.

On est cependant en droit de s’interroger: un MBA spécialisé représente-t-il vraiment la meilleure option ?

Dans la mode, les employeurs n’arpentent pas les campus à la recherche des meilleurs talents et il faut bien ajouter à ce phénomène que les salaires sont assez faibles comparés à ceux offerts par les employeurs traditionnels de MBA que sont les banques ou les cabinets de conseil. Un salaire moyen annuel dans un cabinet de conseil est proche des 140 000 dollars alors qu’on descend vite à 95 000 dollars dans la mode, selon Transparent Career, une agence américaine qui s’est fait une spécialité de compiler les salaires des débutants diplômés sortants d’un MBA.

Même les écoles qui mettent en avant l’aide qu’elles apportent aux étudiants désireux de travailler pour des grandes marques internationales, admettent que seul un faible pourcentage des élèves va faire le choix des options nécessaires. Ils seront encore moins nombreux à décrocher un poste dans le secteur, une fois le diplôme en poche.

LBS offre un système de mentoring aux étudiants de MBA à travers un partenariat avec Walpole, un regroupement de 170 marques de luxe britanniques. Cela concerne seulement 12 participants sur les 430 que compte la promotion chaque année. Le programme a été lancé en 2013. Au final, seuls 24 de ces diplômés travaillent aujourd’hui dans la mode, selon Fiona Allsop, directrice du programme à la LBS.
Pour réussir, il faut être persévérant. Pour la spécialiste de l’école londonienne, «la mode est l’une des ces industries où vous devez être vraiment passionné pour trouver votre place. »
Il n’a pas été aisé pour ces étudiants de décrocher un poste à responsabilité, selon Kevin Marvinac, le cofondateur de Transparent Career. « Pour un diplômé de MBA, obtenir un poste correspondant à son niveau est toujours très difficile dans ces entreprises qui n’ont pas de politique de recrutement directement au sein des universités ».

Stern School of Management est consciente du faible retour sur investissement qui attend les candidats aux MBA souhaitant faire carrière dans la mode. C’est pour cette raison qu’elle ne facture que 96 000 dollars de droits d’inscription pour son MBA spécialisé, somme qu’il faut comparer aux 138 000 dollars que coute le programme classique.
L’an passé, sur les 353 diplômés du MBA de Stern en recherche d’emploi, seuls 3% ont reçu des propositions dans le domaine de la distribution du luxe ou de la mode, selon Jeff Carr, le directeur du Stern Fashion Lab.

Choisir le MBA Luxe et Mode de Stern, c’est quelque part, faire le choix de travailler dans un secteur de niche, concède M. Carr. « Nous souhaitons démarrer avec 20 étudiants », précise t-il. « Si, d’ici quelques années, je peux accueillir 60 passionnés de l’industrie de la mode et leur permettre de faire carrière ensuite dans le secteur, je considèrerai cela comme un succès total ».

Bhavna Suresh, étudiante à HEC a parfaitement intégré cette notion de prise de risques dès qu’il s’agît d’intégrer l’industrie de la mode. L’ingénieure en mécanique de 29 ans a candidaté au programme de MBA de l’école de commerce parisienne en visant une reconversion professionnelle. La mode semblait un marché porteur et HEC disposait de contacts dans le secteur. 6 mois après avoir intégré le programme de 2 ans, Bhavna Suresh a co-fondé un service de location de vêtements, Style Bank, avec l’aide de ces enseignants et camarades d’HEC. Mais l’aventure s’est soldée par un échec, 18 mois après son lancement. Bhavna Suresh a poursuivi son chemin et capitalisé sur son expérience en tant qu’entrepreneuse dans les technologies plutôt que de continuer dans une carrière dans la mode. Elle a été embauchée par Rocket Internet, le groupe de startup basé à Berlin.
Ses tuteurs d’HEC l’avaient avertie des « inconvénients » du secteur de la mode, comme la difficulté de faire correspondre l’offre et la demande pour les vêtements et le risque d’avoir un stock qui ne tourne pas suffisamment.

Les réseaux d’anciens élèves et les partenariats sont souvent les meilleurs moyens d’aider les diplômés à évoluer dans le secteur de l’industrie. Katherine Wadworth a intégré le cours de MBA spécialisé de LBS en ayant préalablement travaillé comme consultante et responsable d’investissement. Une fois diplômée, elle a intégré Farfetch, un distributeur en ligne londonien spécialisé dans le luxe.
LBS ouvre ainsi des portes aux participants des MBA grâce à des stages auprès de la marque de mode Emilia Wickstead ou du distributeur Harvey Nichols.
Mme Wadsworth témoigne : « Le MBA m’a donné des éléments de langage me permettant de passer d’un secteur d’activité à l’autre à Farfetch. J’utilise également quotidiennement ce que j’ai appris en management pendant la formation ».
« Mes camarades étaient intéressés par une évolution dans la mode, mais c’était une petite partie du groupe. Seuls 10 d’entre nous travaillent aujourd’hui dans le secteur.
Mais, certains arrivent bien à leurs fins : Andrew Tudor aujourd’hui Sales Planning Manager chez Chloé était comptable chez KPMG Canada quand il a été accepté au sein du MBA d’HEC Paris. Il reconnaît que malgré sa motivation, il n’était pas certain de trouver un poste dans le secteur. C’est pour cette raison qu’il a opté pour un programme généraliste.
« Je me suis dit : voyons ce qu’il se passe avec le MBA. Si cela ne fonctionne pas dans la mode ou le luxe, je pourrais toujours m’orienter vers le conseil. »

Copyright The Financial Times Limited 2017

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