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Expansion des écoles de commerce à l'international

Les Business Schools, consolidation et expansion à l’international

Della Bradshaw | 17/12/2014

Les business schools européennes ont été confrontées l’année dernière à des perspectives économiques contrastées. Avec la stagnation économique le temps était en Europe à la consolidation alors que la croissance à l’étranger, et plus particulièrement en Asie, a permis l’expansion rapide des écoles européenne sur ces marchés.

Pour beaucoup, vouloir enseigner en Asie est bien plus qu’une opportunité commerciale. L’ambition est bien de devenir une business school reconnue sur le marché global faisant partie des meilleurs acteurs de l’éducation au niveau mondial.

Quelques institutions leaders, comme la London Business School, l’Insead, l’IESE et HEC Paris, ont déjà atteint ce niveau de reconnaissance globale.

« Il y a désormais plusieurs business schools en Europe avec des programmes, des marques et des professeurs d’excellence » dit Peter Tufano, issu de la Business School d’Harvard et nommé doyen de la Saïd Business School à l’Université d’Oxford en 2011. « Les écoles européennes se sont considérablement renforcées ces vingt-cinq dernières années. »

Mais il y a des exceptions régionales notables : par exemple on ne trouve pas d’école allemande dans cette élite globale. Udo Steffens, président de l’Ecole de Finance et de Management de Franckfort croit à un changement. « En Allemagne, il y a quelques universités qui évoluent vers ce nous pensons être une business school internationale. Ces écoles recrutent à l’international et placent leurs diplômés à l’international. Dans cinq ans, il y aura une business school de classe mondiale en Allemagne.

D’autres sont moins optimistes sur l’avenir des écoles européennes. Kai Peters, chief executive de l’Ashridge Business School au Royaume Uni dit que la situation des écoles moyennes « va devenir bien pire », avec peu d’opportunités de salut. D’après lui, « on ne peut s’en sortir que localement avec un solide programme de formation initiale. »

Ce concept de « holed middle », comme l’appelle le doyen de l’Insead Ilian Mihov, a deux causes. La première est le développement de la formation en ligne. La deuxième est la croissance des coûts de scolarité. « Les étudiants se disent, si je ne peux pas décrocher un MBA d’une des meilleures écoles, à quoi bon ? »

La culture et la langue sont deux des obstacles pour ce nouveau modèle de croissance globale. Mais l’obstacle principal est sans doute l’argent, les fonds importants qui doivent être investis pour atteindre le marché global. La dernière décennie a vu les écoles de commerce françaises, qui opèrent en dehors du cadre traditionnel des universités, adopter une stratégie de regroupement pour atteindre une taille critique et répartir les risques.

Au Royaume Uni, les deux principales business schools indépendantes ont suivi la tendance. Henley s’est regroupée avec l’Université de Reading en 2008 et Ashridge a annoncé plus tôt cette année ses plans de rapprochement avec la Hult Business School.

Mais ces fusions apportent leurs propres problèmes. Le professeur Peters dit que le rapprochement Ashridge – Hult a levée la problématique de l’alignement de la délivrance des diplômes entre les USA et le Royaume-Uni, de comment s’y prendre pour les accréditations et du management des professeurs et des programmes. Il demande « À qui appartiennent les programmes, aux écoles ou aux professeurs ? Il y a plus de contrôle centralisé au Royaume-Uni, plus de confiance envers la faculté aux USA. »

Même les rapprochements au sein d’un même pays ne sont pas aisés, dit Frank Bostyn, le doyen de Neoma, la business school créée par la fusion des deux grandes écoles de commerce de Rouen et de Reims. « Dans une fusion, il faut toujours prendre des décisions difficiles rapidement » dit-il. « Vous n’avez besoin que d’un directeur financier et vous en avez deux. »

L’adoption d’un nouveau nom – Neoma – a aussi créé des difficultés de reconnaissance de la marque. En France, ce nouveau nom de Neoma est déjà bien établi, dit le professeur Bostyn, « mais dans le reste du monde c’est une autre histoire – nous ne sommes pas automatiquement reconnus. »

Pour ceux qui visent une reconnaissance globale, la différenciation est primordiale, pense Dominique Turpin, président d’IMD en Suisse, le spécialiste de l’executive education. « Nous allons vers un marché de commodités en terme de produits et de prix. Les doyens de business schools sont obnubilés par la différenciation. »

Les alliances internationales pour la délivrance de diplômes sont de plus en plus populaires comme une manière de se démarquer comme école globale par rapport à une concurrence locale ou régionale. En mars dernier, IMD a annoncé le lancement d’un Executive MBA avec la business school privée Cheung Kong à Pékin et en juin, la London Business School et l’Université Fudan de Shanghai ont annoncées qu’elles proposeraient un programme de double master en management.

En Octobre, la business school espagnole Esade a rejoint le club. Elle lance un MBA en double diplôme avec l’Ecole de Management Guanghua de l’Université de Pékin en Septembre 2015. A peu près au même moment, deux business schools françaises, Audencia et ESCP Europe, ont aussi annoncé des alliances – Audencia avec deux institutions de Pékin, l’Université Tsinghua et le Beijing Institute of Technology et l’ ESCP avec l’Université Tongji à Shanghai.

Frank Vidal, le doyen d’ Audencia, pense que la Chine est maintenant un marché sûr pour les compagnies françaises. «  Nous avons beaucoup d’anciens qui travaillent pour des compagnies françaises en Chine. La Chine est maintenant dans le monde normal des affaires. »

La grande question en suspens est de savoir si les business schools asiatiques vont rejoindre le cercle des acteurs reconnus mondialement. « Le plus grand obstacle est le recrutement d’enseignants de grande qualité », dit le professeur Mihov de l’Insead. « Il est encore difficile d’attirer les meilleurs professeurs ailleurs qu’en Europe ou aux USA. Le pouvoir d’attraction grandit, mais ce n’est pas un mouvement de masse et cela prend du temps pour construire une culture académique rayonnante. »

« Dans vingt-cinq ans il y aura des business schools asiatiques de premier plan, mais elles viendront s’ajouter aux écoles américaines et européennes et non les remplacer » croit le professeur Tufano de Saïd. « Je serais choqué s’il n’y avait plus d’école de premier plan au Royaume Uni ou en Europe. »

Enquête : Protégé par le diplôme

Comment les diplômés des business schools européennes ont fait face au gros temps dans la récession économique globale ?

Environ 40% des diplômés qui ont répondu à l’enquête de FT conviennent que les conditions économiques vacillantes ont eu un impact négatif sur leur carrière, écrit Wai Kwen Chan. Plus de 1560 personnes ayant répondues à cet enquête ont terminé un MBA, un Executive MBA ou un Master en management en 2010 ou 2011, 70% d’entre eux sont maintenant basés en Europe.

Parmi ceux qui se sont dit touchés, 67% ont cités moins d’opportunités d’emploi, 41% des perspectives de promotion réduites, 36% des diminutions de salaire ou de bonus. Une minorité (13%) a été remerciée.

Jusqu’à 77% des sondés pensent que leur formation en business school les a aidé dans cette période de récession. Ils disent que les compétences et les connaissances acquises pendant leurs études et que les perspectives d’emploi ouvertes par leur diplôme leur ont donné un avantage compétitif certain.

Après le diplôme, presque 40% d’entre eux disent que leur école les a aidé par des sessions d’entraînement, un accès à des événements de networking ainsi que des conseils du service carrière.

Malgré des temps difficiles, 72% des sondés restent positifs sur leurs perspectives de carrière pour l’année prochaine, la moitié du groupe s’attendant à une amélioration des conditions économiques dans leur pays.

Cependant, un tiers des diplômés basés en Europe envisage un changement de pays dans l’année à venir pour la progression de leur carrière. Les destinations les plus choisies sont les USA, nommés par 53% d’entre eux, le Royaume Uni et la Suisse.

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