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Un MBA dans une école d’art

Un MBA dans une école d’art : l’artistique au service de l’innovation

Jonathan Moules | 01/12/2016

Alors que les MBA bataillent pour attirer les meilleurs candidats et que globalement le nombre de candidatures diminue, certaines écoles innovent en proposant d’intégrer un volant « créativité » à leur programme. C’est le cas à Londres avec l’alliance inédite d’une école d’art et d’une école de commerce.

Jeremy Tills est assis dans son bureau en open-space à l’école Central St Martins. Il est revêtu d’une veste orange et marron over-size, du même matériau que celui qui recouvre les sièges du métro londonien.

Le professeur Till est à la tête de l’une des écoles d’art et de design les plus renommées au niveau mondial. Son style vestimentaire est tout à fait adapté à son activité actuelle mais risque de jurer légèrement dans l’univers dans lequel il s’apprête à entrer.

En effet, Jeremy Till va prochainement superviser un programme de MBA à temps partiel de 18 mois, créé en partenariat avec le Birkbeck College, école qui dépend de l’université de Londres. C’est la première fois qu’une école d’art d’envergure développe un MBA.

Au programme, Philosophie et créativité

A partir de septembre 2017, le programme combinera des matières comme la « philosophie de la conception » ou le « studio teaching » pilotées par St Martins, avec des séminaires et de la formation à distance dont Birkbeck College aura la responsabilité.

« Dans un monde en perpétuelle mutation et de plus en plus complexe, les leaders du monde des affaires et les entrepreneurs vont avoir besoin de nouvelles manières de penser et de faire », indique Jeremy Till. « Nous avons conçu un programme comportant des disciplines essentielles au niveau de la finance et des affaires, auxquelles nous avons ajouté la créativité et l’expérimentation d’une école d’art et de design. »

Une volonté assumée de se démarquer

L’ambition avouée est de former une nouvelle sorte de diplômé, capable de combiner pensée créative avec des connaissances essentielles en business, économie et en management stratégique.

Bikbeck College, école connue pour ses programmes à destination des professionnels, s’est mise sur le marché des MBA tardivement. L’école n’avait pas pour volonté de développer un MBA conforme à ce qui existait déjà ailleurs, selon Philip Powell, doyen exécutif de la Birkbeck Business School. C’est pour cette raison que le projet du professeur Till l’a séduit.

« Loin de nous l’idée de jeter à la poubelle la meilleure partie des enseignements proposés par les écoles de commerce, indique le professeur Powell, mais nous sommes contre l’enseignement fonctionnel en silos, qui est commun à beaucoup de MBA ».

Sur les traces d'IBM et de Barclays

Il y a une place sur le marché pour des diplômés de MBA capables de penser de manière créative sur des sujets stratégiques. Selon le professeur Powell, des recherches menées par Birkbeck et St Martins ont montré que plusieurs sociétés, comme IBM ou Barclays étaient déjà en train de proposer ce type d’enseignement.

Si St Martins est bien la première école d’art à proposer un MBA, ce n‘est pas la première institution à voir comme une véritable opportunité, l’introduction de cette matière dans des formations orientées business,

Le Royal College of Art, situé à Kensington, développe par exemple depuis plusieurs années, des cours sur mesure à destination des salariés d’entreprises multinationales comme Fujitsu, Ford, et GlaxoSmithKline. L’école a remporté des appels d’offres pour de la formation continue contre des écoles de commerce bien établies, selon Peter Christian. Ce dernier a été embauché par l’école l’an dernier pour développer un programme de formation continue à destination des cadres avec une approche intitulée « innovation education ».

Pour Peter Christian, les entreprises apprécient l’approche « pratico-pratique » du Royal School of Art pour la résolution des problèmes ainsi que l’utilisation de techniques habituellement utilisées par les élèves-ingénieurs ou les étudiants en design.

Remédier à une baisse des inscriptions

Et cette approche séduit. Cette année, le Royal College of Arts a ouvert des formations en « creative leadership », « critical thinking » et « problem solving ». Les candidatures sont venues de 17 pays différents.

Mais si les écoles d’art s’intéressent à ce nouveau secteur, c’est bien parce qu’elles sont inquiètes face à une certaine forme d’isolement et à une baisse générale des inscriptions des jeunes étudiants aux cursus traditionnels en art et en design.

Jeremy Till admet que St Martins est en quelque sorte monothématique car l’ensemble de l’enseignement est construit autour de l’art et du design : « Nous serons exposés potentiellement dans le futur si la demande baisse »

Des écoles de commerce inquiètes de leur avenir

Et c’est déjà le cas dans ce pays- le Royaume Uni-, où l’éducation nationale sous la pression du gouvernement tend à privilégier l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie ou des mathématiques (...) « Je ne vois pas notre MBA comme une vache à lait, mais je le vois comme une nécessaire diversification destinée à limiter les risques futurs. », précise Jeremy Tills.

Central St Martins et Birbeck lancent leur MBA à une période où de nombreuses écoles de commerce s’inquiètent de l’avenir de leur vaisseau amiral. 

Les candidatures pour les MBA en 24 mois ont baissé l’an dernier dans la majorité des écoles de commerce américaines, selon le Graduate Management Admission Council, qui gère le test d’anglais GMAT.

Alors que les écoles de commerce cherchent à offrir de plus en plus de cours spécialisés ainsi que des programmes de formation continue pour doper leurs revenus, c’est peut-être grâce à l’enseignement de l’art que le MBA en tant que programme, connaîtra un renouveau et pourra survivre sur le long terme.

2016 The Financial Times Ltd. Tous droits réservés.

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