CURSUSPRO vous guide dans le dédale des formations existantes
et vous aide gratuitement à trouver votre nouveau cursus professionnel.

Evoluer, changer de voie, aller de l'avant ? CURSUSPRO, allons-y !

 MOOCs, bientôt la fin de la gratuité ?

MOOCs, bientôt la fin de la gratuité ?

Stephanie Guzman | 22/04/2016

La gratuité s’est avérée trop couteuse pour les nombreuses écoles de commerce qui proposent des MOOCs. Des frais d’inscription minimes ont donc été mis en place… avec des résultats plutôt encourageants.

Quand les MOOCs ont émergés il y a quatre ans, ce qui a frappé les esprits, c’était qu’ils étaient gratuits. Des milliers de personnes se sont alors inscrites à ces cours proposés par diverses institutions sur des plateformes comme Coursera ou edX et se sont mis à étudier des sujets qui leur auraient été inaccessibles auparavant.

Mais ces programmes online pointus nécessitent des investissements importants en temps et en argent. Avec des participants toujours plus nombreux, enseignants et élèves se sont posés la question de savoir si la qualité pouvait continuer à être au rendez-vous.

Quelques institutions, à l’image d’Oxford Saïd Business School ont même décidé de ne pas offrir de MOOC ou tout autre type de cours en ligne.

Aujourd’hui, nombreux sont les programmes initialement gratuits à avoir adopté un modèle payant. HEC Paris qui en 2012 offrait par exemple des MOOCs en accès libre et gratuit via la plateforme Coursera a toujours une offre de MOOCs. Mais comme l’indique Nathalie Lugagne, en charge de l’Executive Education à HEC : « Les cours gratuits nous coutent cher, aussi avons-nous décidé de trouver de nouveaux moyen de les monétiser ».

Mme Lugagne a développé un programme online en Corporate Finance qui coute 1800 € avec remise d’un certificat en fin de parcours. Ce programme de trois modules comportant des études de cas et webinars, dure six semaines et se termine par un examen en présentiel. A ce jour, deux promotions de 400 élèves ont participé au programme.

D’autres ont adopté une approche hybride. Harvard Business School propose HBX CORe (Credential of Readiness), un cours en ligne introductif sur les fondamentaux du monde des affaires. Il coute 1800 $ et les participants doivent également passer un examen final (…)

Patrick Mullane, directeur Executif d’HBX indique que le cours n’est pas un MOOC mais plutôt une extension de l’offre premium de l’école, pour laquelle les participants sont donc prêts à payer. « Créer une autre plateforme MOOC, ne nous intéressait pas », avance-t-il.

Mais est ce que les formations comme celles proposées par Harvard et HEC ne vont pas à l’encontre de la nature même des MOOCs ?  Nathalie Lugagne d’HEC, avoue que les cours proposés par l’école « s’inspirent » des MOOCs mais qu’ils sont différents dans la mesure où ils s’adressent à des professionnels déjà bien formés désireux d’étendre leurs connaissances ou de se préparer pour un MBA. « Notre but était de mettre en place un modèle économique durable nous permettant d’offrir des cours de la plus haute qualité »

Richard Barker, professeur de comptabilité à Oxford Saïd Business School, considère que les MOOCS devraient être un moyen pour les universités d’agir pour le bénéfice la société en général. Un modèle non commercial et efficient permettrait un meilleur partage des connaissances, au delà des seuls étudiants de l’institution. «Mais il faut que cela soit bien fait » précise t-il. “[Certaines institutions] utilisent les MOOCs comme un outil marketing destiné à faire connaître leur marque. Nous n’avons pas besoin de faire cela. »

Ces cours online payants peuvent certes être qualitatifs mais le jeu en vaut-il la chandelle pour les étudiants qui les choisissent ? Nathalie Lugagne indique que les cours sont plutôt d’un bon rapport qualité-prix. Elle considère ainsi que le prix du certificat online d’HEC est « très abordable » et permet à l’école de remplir sa mission de fournir un enseignement de qualité au plus grand nombre. Le certificat accordé en fin de cours confère au participant des crédits qui peuvent compter pour les autres programmes de l’école.

Patrick Mullane précise que pour Harvard, un élève qui paie son MOOC, est plus motivé et essaiera de tirer le meilleur parti de la formation. Selon lui, le modèle payant fonctionne.

« A ce jour, 85 % des participants au HBX CORe terminent le programme, un taux largement plus élevé que le taux moyen d’un MOOC ».

Une étude de 2013 réalisée par l’université américaine Pennsyvalnia Graduate School of Education, sur un million d’utilisateurs de Coursera, a en effet démontré que le taux moyen atteignait seulement 4%.

Pour les écoles de commerce, qu’il soit payant ou gratuit, tout cours en ligne représente une charge élevée. Les enseignants doivent prendre du temps pour construire le cours et rassembler les différents matériels utilisés (…)

« Développer et financer des Moocs ou des programmes online représente un coût et les rendre payants semble être à la fois raisonnable et inévitable » selon Nathalie Lugagne qui poursuit : « Le challenge c’est de trouver le bon business modèle qui permettra de préserver la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage tout en maintenant un prix abordable ».

 

Copyright The Financial Times Limited (2016). All rights reserved

Not to be redistributed, copied or modified in anyway.

Cursuspro is solely responsible for providing this translated content and the Financial Times Limited does not accept any liability for the accuracy or quality of the translation.

Réagir à l'articleRéagir à l'article

Seul votre prénom et la première lettre de votre nom apparaîtront sur le commentaire