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Ça bouge du côté des MOOCs

Stéphanie Guzman | 26/08/2015

Ces fameux cours gratuits en ligne se sont développés ces dernières années au point de devenir un vrai business. Le secteur évolue à vitesse grand V, se professionnalisant peu à peu. Aujourd’hui ils sont avant tout un moyen efficace de se former mais les MOOCS seront peut être demain incontournables pour obtenir l’un des milliers de titres professionnels inscrits au RNCP. Resteront-ils gratuits ?

Des MOOCs de moins en moins gratuits ? 

Au début des années 2000, faire un MOOC était un loisir pour quelques curieux parfaitement anglophones et donc susceptibles de comprendre les contenus mis en ligne gratuitement par les universités américaines. Depuis, les MOOCERS, c’est leur nom, ont accès à de nombreux cours proposés par les principales facultés et écoles françaises. Un coup d’accélérateur a même été donné en 2014 grâce à la création d’une plateforme de cours baptisée France Université Numérique (FUN). Le modèle évolue donc très vite mais la gratuité reste depuis le début au cœur des débats.

En effet, si en règle général, les cours proposés par un MOOC sont gratuits, les attestations remises en fin de parcours sont payantes avec un coût situé autour de 100 euros. Sachant que d’une part les MOOCS connaissent une importante désaffection des élèves notamment au bout de deux semaines de cours (on parle de 10 % en moyenne d’abandon) et que tous les participants ne demandent pas leur attestation, le modèle économique des MOOCS apparaît comme peu viable.

Ces derniers mois ont donc vu l’apparition de systèmes d’abonnement payant réservant un certain nombre de contenus pédagogiques et d’avantages à des abonnés. 

Quelle valeur pour l’attestation? 

La monétisation de l’attestation de réussite est, nous l‘avons vu, la principale source de revenu des plate-formes mais paradoxalement la valeur de ces certificats reste toute relative sur le marché du travail. Nul doute sur le plan personnel qu’obtenir l’attestation est un élément de motivation pour le candidat qui va passer toutes ses soirées à se former devant son écran et cela pendant de longues semaines. Pour certains, afficher sur son profil Linked In ou sur son C.V., le nom d’une université prestigieuse n’a pas de prix. Le mot Harvard, même accompagné du mot « certificat »  ou « attestation » peut  en effet faire un petit effet… auprès de son cercle d’amis. Car quelle est la valeur de ce certificat pour un éventuel recruteur ?  Pas grand chose pour le moment. Certains certificats sont faciles à obtenir : après tout, il serait normal pour une plateforme d’en faciliter l’obtention puisque c’est ainsi qu’elle se rémunère.

Par ailleurs, le certificat atteste–t-il que le candidat est allé jusqu’à la fin d’un MOOC (ce qui est parfois une prouesse en soi) ou bien permet-il d’évaluer un niveau de connaissances spécifique.  La réponse n’est pas toujours simple. Une autre question demeure : Comment être sûr que le candidat a passé « l’examen » seul et ne s’est pas fait aidé ? La fraude existe très probablement et c’est d’autant plus tentant quand il s’agît de simples QCM à renseigner.

Améliorer la reconnaissance du certificat passe donc nécessairement par un renforcement des contrôles. Bien conscients du problème, les MOOCS développent des systèmes de plus en plus sophistiqués avec par exemple des examens en ligne surveillés à distance ou encore des examens passés en présentiel. L’autre piste explorée est la « certification authentifiée » avec des vérifications plus strictes quant à l’identité du candidat.

Aujourd’hui si le certificat est avant tout un gage de self discipline, valeur à laquelle les recruteurs peuvent être sensibles, la possibilité de valider des crédits universitaires ou d’obtenir un titre professionnel va sans nul doute devenir une motivation supplémentaire pour les MOOCERS.  

Bientôt la reconnaissance ? 

C’est tout nouveau et c’est une petite révolution qui s’opère depuis quelques mois avec les premières reconnaissances par l’Etat de titres obtenus suite à des MOOCS.

De nombreux MOOCS sont en fait issus d’une collaboration étroite entre une plateforme technique et une école disposant des contenus et des enseignants. Lorsque l’école dispose déjà de parcours classiques en présentiel inscrits au RNCP, il leur est plus aisé d’obtenir une reconnaissance pour leurs formations en e-learning (c’est à dire leurs MOOCS)

Il est ainsi possible dorénavant d‘obtenir le titre de chef de produit multimédia en le préparant grâce à un MOOC d’Open Classrooms.

Attention ce n’est pas le MOOC en tant que tel qui est certifié mais l’examen final car dans le cas par exemple de la formation ci dessus, l’examen est administré par une école habituée à faire passer des examens finaux pour le titre de « chef de projet multimédia ». 

D’autres MOOCS comportant des examens de fin de parcours permettent également d’obtenir des crédits universitaires, appelés crédits ECTS (European Credits Transfer System). L’ECST est un système de points développé par l’Union Européenne afin de faciliter la comparaison des programmes d'études des pays européens.  L’Ecole Centrale de Lille propose par exemple un MOOC certifié Gestion de projets permettant d’accumuler des points ECTS pris en compte pour valider l’examen de l’école.

La reconnaissance est donc en marche au niveau des écoles et de l’Etat…Parions que le marché du travail va suivre d’ici quelques années.  Ce serait une bonne nouvelle pour les MOOCERS sauf …si la fin de la gratuité est le prix à payer !

Le conseil Cursus Pro

Ne pas faire un MOOC pour l’attestation. Si l’obtention d’un diplôme est stratégique pour vous, élargissez votre réflexion à la FOAD.

Vérifier soigneusement les avantages des formules MOOCS payantes.

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