Formation continue : le rôle des CCI menacé ?

Formation continue : le rôle des CCI menacé ?

Stéphanie Guzman | 05/06/2017

Les 126 Chambres de Commerce et d’Industrie tiennent un rôle majeur dans la formation et cela depuis leur création au 18ème siècle. 3 siècles plus tard, 600 000 personnes sont formées chaque année dans leurs centres de formation. Et l‘offre est large puisqu’elle va du CAP au diplôme d'ingénieur en passant par les masters délivrés par les grandes écoles de commerce. Le site internet des CCI recense 4000 formations délivrées au sein de 186 centres de formation.

Chaque centre de formation propose une offre spécifique adaptée aux besoins du territoire sur lequel elle se situe. Certaines thématiques sont largement présentes dans le réseau et constituent cependant le « cœur de métier » des CCI. Il s’agît des formations au management, comme celles dispensées par les écoles de commerce.

Une offre adaptée aux besoins locaux

La CCI Paris Île-de-France propose par exemple 500 formations en alternance, temps plein, e-learning et dans des secteurs très variés : droit, sport,  design, commerce,  menuiserie à effectuer dans des écoles prestigieuses comme Les Gobelins, Novancia Business School, ESCP Europe, HEC, ESSEC, ces deux dernières ayant été créées à l’initiative de la chambre de commerce de Paris respectivement en 1881 et 1908.

En régions, les CCI ont les mêmes prérogatives. Les CCI de Bretagne offrent par exemple plus de 1 200 formations courtes adaptées aux besoins des entreprises et de leurs salariés. Elles gèrent deux Ecoles Supérieures de Commerce (ESC) à Rennes et à Brest.

 Pour répondre aux besoins de leur territoire, les centres de formation continue des CCI ont développé des formations techniques, généralement en partenariat avec les acteurs locaux de la profession, par exemple en robotique, fibre optique, webdesign ou infographie. L’idée est de créer des formations correspondant aux besoins locaux tout en se désengageant des filières pour lesquelles les perspectives sur le marché du travail n’existent plus. 

Des formations en vente, langues étrangères et management partout en France

 Le réseau Negoventis présent dans les 90 CCI propose une offre de formation aux métiers du commerce, de la vente et de la distribution tandis que les Centres d'Etude de Langues (CEL), qui dépendent également des CCI, sont accessibles aux salariés d'entreprise dans le cadre de la formation continue. Ces centres de formation en langues étrangères peuvent également répondre à des demandes individuelles, notamment par l'utilisation du CPF ou de la VAE.

A cette offre déjà bien large, s’ajoutent les 24 écoles de management dédiées aux salariés qui ont un projet de reprise de l'entreprise. Ces écoles délivrent une formation de 55 jours minimum en alternance sur une durée de 14 à 16 mois. A l’issue de la formation, les participants obtiennent une certification professionnelle reconnue par l'État et le titre de « Chef d'entreprise développeur de PME ». Les créateurs ou repreneurs d’entreprise plus pressés par le temps se contenteront de la formation certifiante sous forme de workshop « 5 jours pour entreprendre » dispensé dans toutes les CCI.

Une offre de formation bientôt menacée ?

Les directeurs des vingt-quatre écoles de la chambre de commerce Paris-Ile-de-France, dont HEC, l’Essec et l’ESCP, sont inquiets devant les réformes qui se succèdent.

« Les mesures de réduction des ressources fiscales affectées aux CCI, prises par l’Etat depuis 2013, entament significativement notre capacité à accompagner les jeunes et les salariés, dans le développement de leurs compétences, dans leur insertion et leur mobilité professionnelles. » ont-ils affirmé dans un communiqué paru en fin d’année dernière.

Le contexte est délicat pour les CCI, visées par des réformes destinées à renforcer la régionalisation et à rationaliser le réseau, ce qui devrait se traduire à court terme par une réduction de leur nombre. Certaines CCI sont en outre depuis des années dans le collimateur du Ministère des Finances, notamment pour des réserves financières jugées excessives.

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