, Les MBA n’en finissent pas de se spécialiser.

MBA et EMBA … généralistes ou spécialisés ?

Stéphanie Guzman | 02/03/2017

Généralistes il y a encore quelques années, les MBA n’en finissent pas de se spécialiser. On peut même parler d’hyperspécialisation. Ce phénomène est directement lié à la concurrence accrue à laquelle se livrent les écoles de commerce françaises et européennes.

Comment en effet se distinguer alors que le nombre de MBA est en croissance, que les masters et mastères spécialisés se développent et que les participants sont de plus en plus regardants sur le ROI.

Pour certaines écoles de commerce, la réponse semble être dans la création de programmes spécialisés.

En pratique, le terme  « spécialisation » n’est pas suffisamment précis : un MBA peut être spécialisé du fait de la qualité de son contenu dans une matière (nombre d’heures plus élevé, qualité des enseignants).

Le programme peut ainsi proposer une « option renforcée » ou « une majeure » dans un sujet. Ailleurs, une spécialisation pourra signifier que la quasi-totalité des cours touche à un domaine d’activité précis.

Concrètement, on distinguera donc des spécialisations « classiques »  comme la finance, le marketing, l'entrepreneuriat, l’international… Et des spécialisations plus originales voire parfois folkloriques.

Pouvoir transformer son hobby en métier : un fantasme pour certains mais une « réalité » pour quelques écoles qui en font un véritable argument marketing.

 

Des spécialisations très originales

Les MBA qui proposent les spécialisations, que nous avons qualifié plus haut de généralistes, ont parfois droit à leurs propres classements. En 2016, le Financial Times a par exemple élu Stanford comme le meilleur MBA spécialisé en entreprenariat.

Du côté des hyperspécialisés, il est en revanche difficile de faire un classement alors que seules ou trois institutions dans le monde proposent la spécialisation en question.

Des spécificités "régionales" 

Les spécialisations offertes par les écoles sont souvent directement liées aux caractéristiques du territoire sur lequel elles sont implantées. C’est le cas par exemple de MBA spécialisés dans le luxe (MBA à Milan, Paris ou Monaco), de l’aéronautique (MBA à Toulouse ou Seattle), du vin (MBA à Bordeaux).

Il existe également de nombreux MBA dans le domaine de la santé ou de l’assurance ou plus original … de la finance islamique.

Les passionnés de jeux vidéo pourront s’offrir le MBA « Vidéo Game Management » à l’Institut International du Multimédia (Paris).

Les sportifs joueront la carte d’un MBA spécialisé dans le sport ( Kedge Marseille) et les turfistes parieront sur le MBA que l’université de Liverpool consacre aux courses hippiques. Oui, ce dernier existe bel et bien !

Plus classiques, les MBA en RSE et développement durable séduisent de plus en plus de participants.

Il y a donc des MBA et EMBA pour presque tous les goûts.

Un phénomène qui touche les EMBA

L’hyperspécialisation est un phénomène qui concerne les MBA mais également les EMBA.

Par exemple, on trouve un fort développement des programmes dédiés à des zones géographiques particulières (Asie du Sud-Est), économiques (marchés émergents) voire même à des populations : une université californienne propose ainsi un EMBA spécialisé en « Leadership et Affaires Aborigènes ».

 

L’atout principal des programmes spécialisés

Le point fort de ces programmes spécialisés est bien entendu le réseau. Les participants sont en contact direct et étroit avec les principaux acteurs du secteur.

Ceux-ci animent les cours, sponsorisent parfois la formation et sont susceptibles de recruter à la sortie les meilleurs éléments. De quoi rendre ces cursus attractifs.

En conclusion, le MBAS généralistes et spécialisés ne satisfont pas les mêmes objectifs. Un MBA ou EMBA généraliste formera avant tout ses participants à diriger. Un programme spécialisé permettra une entrée rapide sur le marché du travail ou offrira à un professionnel déjà aguerri  la possibilité d’avoir une double compétence. Gare cependant aux effets de mode dans certains secteurs.

Le conseil Cursus Pro

Le programme classique d’un MBA est déjà très lourd et y ajouter une spécialisation, c’est prendre le risque de passer à côté de quelques contenus fondamentaux.

Certains enseignants considèrent que cela irait même un peu à l’encontre de l’objectif initial de la formation MBA, qui est de former des dirigeants généralistes.

Lors de l’étude des enseignements proposés dans les programmes spécialisés, il est capital de bien veiller à l’équilibre entre le nombre d’heures consacrées à la gestion ou au marketing et le temps dédié à des activités plus récréatives comme participer à des visites de caves viticoles, assister à des défilés de mode ou encore à des matchs de football. Bien qu’enrichissantes, ces expériences ne feront pas de vous un Manager.

 

Attention également aux petites écoles aux très nombreuses spécialisations.

Ce n’est pas tant un problème d’émulation et d’ambiance pour les étudiants – ils passent généralement 80 % de leur temps avec les autres promotions pour les cours dits généralistes -, mais c’est qu’avec un faible nombre d’étudiants par spécialisation, il peut s’avérer difficile pour les écoles de faire venir comme enseignants, à la fois en terme d’image et sur le plan financier, les vraies pointures du secteur.

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