Le compte personnel de formation, CPF, le conseil en évolution professionnelle, CEP et les entretiens individuel sur le parcours de formation

5 Janvier 2015, le début d’une nouvelle ère pour la formation continue

CursusPro | 05/01/2015

Le CPF, compte personnel de formation, qui est opérationnel à partir d’aujourd’hui 5 janvier 2015, est bien le dispositif emblématique de la nouvelle réforme de la formation professionnelle continue définie par la loi formation professionnelle, emploi et démocratie sociale du 5 mars 2014. Mais cette réforme ne s’arrête pas au CPF. Afin d’en optimiser l’utilisation, la loi a en effet prévu une série de mesures d’accompagnement et de suivi dans l’objectif de responsabiliser les individus et les entreprises dans une démarche personnalisée de qualification et d’amélioration des compétences.

CPF et CEP, mesures phares de la réforme

Le Compte Personnel de Formation

23 millions de compte personnels de formation sont ouverts ce 5 janvier 2015 dans l’outil déployé par le CDC, Caisse des dépôts et consignations, et accessible sur le site web www.moncompteformation.gouv.fr.

Le CPF prend la place du DIF, droit individuel de la formation, et lui ressemble fortement dans le mécanisme de constitution et d’accumulation des heures qui donnent droit à la formation. Cependant il est très différent du DIF de part sa nature et son utilisation.

Il s’agit avant tout d’un droit attaché à la personne tout au long de sa vie professionnelle, à partir de 16 ans et jusqu’à la retraite, y compris pendant les périodes de chômage ou de changement d’emploi. Au contraire du DIF, il est donc indépendant du contrat de travail et peut être utilisé de manière libre et à l’initiative de la personne. L’autorisation de l’employeur est nécessaire uniquement si la formation se déroule pendant le temps de travail.

De plus, le CPF change profondément la façon de se comporter vis-à-vis de la formation continue car c’est maintenant l’initiative personnelle qui ouvre la porte vers une action de formation. La formation continue devient un droit que chacun peut exercer en fonction de ses besoins et de son histoire personnelle.  

La seule condition pour pouvoir en bénéficier est de faire le choix d’une formation qualifiante dans sa branche professionnelle, c'est-à-dire d’une formation qui permettra de valider les connaissances ou compétences acquises par un diplôme ou un certificat. Il s’agit donc de formations plutôt longues qui sont à sélectionner dans des listes établies préalablement en fonction des besoins du secteur de l’entreprise et du marché de l’emploi de la région. La liste des formations éligibles ainsi que le nombre d’heures cumulées figurent sur le compte personnel de chacun.

Le CPF a été conçu comme un socle de base auquel peuvent s’adosser d’autres financements et également des dispositifs d’accompagnement comme le Conseil en Evolution Professionnelle ou les entretiens individuels en entreprise.

Le Conseil en Evolution Professionnelle

D’autres opportunités sont ouvertes aux salariés et notamment à ceux qui cherchent à concrétiser  un projet d’évolution professionnelle au travers d’une formation diplômante ou certifiante ou d’une validation des acquis d’expérience ( VAE). Ainsi les individus auront la possibilité de bénéficier gratuitement d’un conseil en évolution professionnelle ou CEP.  

Pour ce faire, des réseaux de conseils également appelés opérateurs de conseil ont été désignés à travers la France. Il s’agit principalement des 5 réseaux suivants, éventuellement complétés par d’autres organismes de conseils mis en place par les régions :

  • Pôle emploi
  • Cap emploi
  • Missions locales
  • Opacif
  • APEC

Ces réseaux peuvent être sollicités directement par les individus. Leur rôle est d’accompagner ces derniers gratuitement lorsqu’ils souhaitent mettre en place un projet de formation et de travailler sur leur projet professionnel dans son intégralité depuis le choix de l’orientation jusqu’à son financement.  L’accompagnement prend en compte l’écoute et la réponse à toutes les questions que l’individu peut se poser par rapport à ses envies d’évolution ou de changement, ses acquis professionnels ou sur l’évolution des métiers et du marché du travail.

Les entretiens individuels, mesure de contrôle et de suivi

La loi impose aux entreprises la mise en place, tous les 2 ans, d’entretiens professionnels obligatoires dont l’objectif est de faire un bilan des formations suivies par la personne et de permettre un suivi de l’évolution professionnelle de chacun. Cet entretien ne doit pas être confondu avec les entretiens annuels déjà en place dans les entreprises, la volonté de la loi étant de séparer un bilan de performances de la personne dans son poste actuel d’un point plus global sur l’évolution de ses compétences dans le cadre de son propre parcours professionnel.

Par ailleurs, tous les 6 ans cet entretien prend la forme d’un bilan de parcours professionnel qui doit aller plus loin et faire un état des lieux précis de l’évolution professionnelle de la personne et des mesures mises en places pour l’amélioration de ses compétences et de ses qualifications. Chaque salarié, doit en effet avoir bénéficié au moins de 2 des 3 actions faisant preuve de son évolution durant les 6 années passées.

  • Suivi d’une action de formation
  • Progression salariale ou professionnelle
  • Acquisition des éléments de certification par la formation ou par une VAE

Dans le cas où ces entretiens ne sont pas réalisés l’entreprise doit compenser le salarié en abondant son CPF.

Infographie : Feuille de route CPF et entretiens professionnels

Mise en place du compte personnel de formation
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