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Des « blocs de compétences » pour faciliter l’accès à la formation

Des « blocs de compétences » pour faciliter l’accès à la formation

Raphaëlle PIENNE | 28/06/2016

Conséquence de la mise en œuvre du CPF, l’apparition des  blocs de compétences pourrait progressivement modifier la manière d’obtenir une certification professionnelle. A commencer par les diplômes du bac pro et du CAP, qui viennent d’être rendus accessibles par cette voie.

Les blocs de compétences : une notion à clarifier

Depuis quelques mois, le sujet des « blocs de compétences » occupe toute l’attention des professionnels du monde de la formation. Car si la question des compétences est ancienne et -relativement - bien maîtrisée, celle de leur organisation en « blocs » fait partie des nouveautés introduites par la réforme de la formation. 

C’est une courte mention dans la loi du 5 mars 2014 qui est venue consacrer cette nouvelle notion. Elle prévoit que parmi les formations éligibles au compte personnel de formation ( CPF) puissent figurer des formations « permettant d'obtenir une partie identifiée de certification professionnelle, classée au sein du répertoire national des certifications professionnelles ( RNCP ), visant à l'acquisition d'un bloc de compétences ».

La loi ne donnant pas de définition de ce que devait être un bloc de compétences, il a fallu néanmoins attendre la « clarification » apportée par la Commission nationale des certifications professionnelles (CNCP), en charge du RNCP. Dans une note , celle-ci a énoncé une série de grands principes pour ces blocs qui doivent notamment constituer des « ensembles homogènes et cohérents » et « donner lieu à une évaluation et à une validation ». 

Un enjeu pour les diplômes nationaux et universitaires

Toutes les certifications n’ont pas vocation à être déclinées en blocs de compétences. Cette décision, selon la note de la CNCP, est laissée au « libre choix » des organismes certificateurs (Ministères, branches professionnelles, organismes de formation…) qui ont également la charge de construire eux-mêmes l’organisation en « blocs » de leurs certifications.

Devant la promesse d’un meilleur accès aux financements du CPF, ils sont pourtant nombreux à étudier très sérieusement cette possibilité. L’enjeu est en particulier important pour les certifications professionnelles les plus longues, diplômes nationaux et universitaires en tête, qui doivent pouvoir s’adapter au « format » des 150 heures de formations au maximum pouvant être financées par le CPF.

Le vaste chantier qui s’annonce a déjà en partie commencé : après  les Titres professionnels depuis décembre dernier, c’est au tour du baccalauréat professionnel et du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) d’être organisés en blocs de compétences.

Deux décrets, datés du 10 juin, prévoient en effet que dès la session d’examen 2016 les candidats préparant l’un de ces deux diplômes par la voie de la formation continue ou de la VAE puissent les obtenir via l’acquisition de blocs de compétences. Prochain sur la liste, le diplôme du BTS devrait connaître les mêmes aménagements dès sa session 2017.

Du côté des universités, le passage aux blocs de compétences pourrait être plus lent car, comme le souligne le « rapport Germinet », il nécessitera au préalable une évolution de l’organisation de ces établissements. Notons néanmoins que les IUT, déjà très actifs dans le champ de la formation continue, ont amorcé un travail important pour décliner leurs diplômes (DUT et Licences professionnelles) en blocs de compétences.

Vers un meilleur accès à la certification ?

La question du financement par le CPF, et plus largement par les fonds de la formation continue, constitue l’élément déclencheur de la mise en place des blocs de compétences. Mais à long terme, on peut aussi s’attendre à ce que ceux-ci modifient progressivement le paysage des certifications professionnelles et la manière d’y accéder. 

Un rapport des inspections générales de l’Education nationale sur l’introduction de blocs de compétences dans les diplômes professionnels, de novembre 2015, suggère ainsi que les blocs puissent un jour être validés « par le compte de la formation initiale, de l’expérience [c’est à dire par la VAE ] et de la formation continue ». 

Pour les auteurs du rapport,  c’est de cette complémentarité que dépendra la réussite du déploiement des blocs de compétences. Dans une logique de formation tout au long de la vie, l’acquisition d’un ou plusieurs blocs devra ouvrir la possibilité de reprendre sa formation, même après plusieurs années, pour passer les blocs restants en vue d’acquérir la totalité de la certification.  

Les blocs de compétences devront aussi permettre davantage de passerelles entre les certifications : grâce à la mise en place de blocs communs à plusieurs certifications ou grâce à des systèmes d’équivalence.  Le rapport suggère par exemple que l’acquisition d’un des blocs de compétences d’un diplôme professionnel permette d’obtenir un certificat de qualification professionnelle (CQP) ou un Titre professionnel.  

Autant de possibilités qui prendront sans doute du temps à se mettre en place. Mais, aux côtés du CPF, les blocs de compétences arriveront peut-être à l’avenir à lever trois des principaux freins de l’accès à la certification pour les adultes : le manque de financement, le manque de temps et le manque de souplesse pour se former.

Le conseil Cursus Pro

Pour pouvoir être financés par le CPF, les blocs de compétences doivent y être éligibles. Aujourd’hui, le vérifier se fait en deux étapes.

- Rechercher une certification professionnelle parmi les « listes CPF » sur le site moncompteformation.gouv.fr.

- Vérifier que la certification professionnelle a été déclinée en blocs de compétences dans le Répertoire national des certifications professionnelles ( www.rncp.cncp.gouv.fr ). Si cela est le cas, les différents blocs seront énumérés dans sa fiche RNCP.

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