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Le crowdfunding pour financer son MBA ? La nouvelle tendance du moment.

Le crowdfunding pour financer son MBA ? La nouvelle tendance du moment.

Janina Conboye | 26/07/2016

Le financement est un sacré frein pour celles et ceux qui souhaitent effectuer un MBA. Que ce soit pour financer tout ou partie des coûts, il n’est pas possible à chacun de compter sur sa famille ou sur les institutions bancaires. Ceci incite de plus en plus en plus d’étudiants, face à cet immense challenge qu’est le financement,  à se tourner vers le financement participatif ou crowdfunding  en V.O.

Il est aujourd’hui possible de contacter un site de crowdfunding comme Indiegogo, GoFundme ou Crowdfounder *  mais, sachez-le,  il reste difficile d’aller au delà des amis proches et de la famille. Lever les fonds nécessaires au financement d’un MBA via ces plate-formes reste complexe. Le  Financial Times a enquêté et vous donne quelques clefs pour réussir votre campagne de crowdfunding. 

Développer le bon story-telling 

Pour que l’argent coule à flot, une page simple comportant une photo et une description succincte de votre projet, ne sera en effet pas suffisante

« Si vous ne consacrez pas beaucoup d’effort à votre campagne, vous recevrez peu ou pas de souscriptions » selon Kelly Angood, Directeur du Design, de la Technologie pour  la plateforme californienne, Indiegogo.

Addis Tigabu, étudiant en Master en Commerce International à Frankfurt School of Management, est d’origine éthiopienne. Il avait besoin de 8000 € pour couvrir ses frais d’hébergement afin de pouvoir obtenir son visa d’études. Après avoir échoué à trouver son financement par lui même, il a mis en place une campagne de crowdfunding sur Indiegogo qui lui a permis d’obtenir la somme de 6000 €.

Si on en croit son expérience, pour réussir, il faut penser à tout : sa propre présentation mais aussi utiliser les réseaux sociaux et même développer une véritable stratégie marketing. Son conseil est de s’assurer de prendre suffisamment de temps pour élaborer une véritable histoire. « La première question qu’un contributeur potentiel va poser est la suivante : Pourquoi est–ce que je devrais participer à votre projet ?- » affirme Addis Tigabu.

Il a sollicité des fonds en précisant qu’il voulait s’impliquer dans le développement du continent africain et qu’il mettrait en place une plateforme apportant une aide à celles et ceux qui veulent étudier mais ont d’immenses difficultés à obtenir un financement

Yacine Zerkdi, qui est marocain mais vit en France, a démarré une campagne sur GoFundMe et a réussi à obtenir 30 000 € pour un MBA à Harvard.

Il souligne également l’importance d’un bon storytelling  « Le texte que j’ai rédigé sur ma page semble avoir toucher les utilisateurs de la plateforme» avance-il. « Les personnes qui l’ont lu, se sont senties concernées et ont décidé d’investir à la fin de leur lecture »

Sur cette page, il se dépeint comme quelqu’un qui va à l’encontre de tous les stéréotypes de l’étudiant classique d’Harvard et met en avant le fait que de belles et grandes choses peuvent naitre grâce au financement participatif – comme par exemple la traduction de L’Illiade par Alexander Pope, initiée en 1713.

Les vidéos et photos sont aussi un bon moyen d’obtenir l’attention des contributeurs. Kelly Angood précise en effet que des campagnes avec ces éléments, fonctionnent beaucoup mieux.

Il est également important de ne pas sous-estimer les petits détails. Kelly Angood ajoute que la grammaire et l’orthographe sont importantes tout comme il est capital de ne pas sembler désespéré et de ne pas lister par exemple tous ses déboires.

Construire une véritable stratégie marketing

Concernant les réseaux sociaux, il faut utiliser tous les médias possibles pour promouvoir votre projet.  « Créez une page Facebook, un compte Twitter et même un site internet si possible », ajoute Addis Tigabu.

Kelly Angood recommande de construire son audience avant même de lancer sa campagne. « Une fois qu’ils vous connaissent et vous font confiance… des étrangers seront plus à même de vous donner de l’argent »

Mr Zerkdi précise que si c’était à refaire, il commencerait par lever un peu d’argent auprès d’amis et de membres de sa famille, de manière à commencer la campagne avec déjà quelques dons. « Je pense que cela a un impact psychologique différent lorsque vous démarrez avec déjà une petite dotation » dit-il.

Une fois que votre campagne est lancée, Addis Tigabu conseille de publier régulièrement quelques faits et chiffres afin de matérialiser les progrès réalisés.

Ses proches l’ont également aidé à mettre en place une sorte de challenge viral à 3 € sur Facebook. En parallèle, il a aussi contacté des médias et le journal allemand, Frankfuter Allgemeine, a publié son histoire suite à quoi un lecteur a versé 1000 €.  Pour finir, un ami a également créé un événement Facebook qui a permis de réunir 800 €.

Opter pour un montant réaliste et offrir des compensations 

Les montants visés doivent être réalistes : n’espérez pas réunir les 200 000 dollars nécessaires pour couvrir les frais de deux ans d’étude pour un MBA dans une école de prestige. Visez plutôt à couvrir des coûts spécifiques. L’objectif de Yacine Zerkdi était d’obtenir 100 000 dollars de manière à limiter son emprunt bancaire. Il est loin du compte mais « 30 000, c’est déjà pas mal » considère t-il.

Crowdfunder, une plateforme anglaise indique que la contribution moyenne est de 50 £ ce qui veut dire que pour chaque tranche de 10 000 £, il faut trouver 200 contributeurs. Il faut essayer de trouver des compensations, même petites, à ceux qui donnent.

Si Yacine Zerki a l’intention de rembourser à terme les sommes reçues, Addis Tigabu a lui, mis en place le système suivant : pour les dons de 1€, il informera le donateur de l’avancée du projet. Les donateurs de 50 € vont recevoir une carte personnalisée et pour 100 €, ils recevront une vidéo de remerciement personnalisée.

« Quelque soit la manière de procéder, lancer une campagne de financement participatif n’est pas une sinécure. Cela prend du temps et demande beaucoup d’engagement », conclut Kelly Angood.

* Note du traducteur : en France, les deux principales plateformes sont Ulule et Kiss Kiss Bank Bank

 

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