CURSUSPRO vous guide dans le dédale des formations existantes
et vous aide gratuitement à trouver votre nouveau cursus professionnel.

Evoluer, changer de voie, aller de l'avant ? CURSUSPRO, allons-y !

Brexit : des conséquences incertaines

Le BREXIT : Quel impact pour les écoles de commerce européennes ?

Jonathan Moules | 18/01/2017

Les conséquences du vote en faveur du Brexit se propagent à travers tout le continent européen.

Le principal sujet de préoccupation est le risque que des étudiants et enseignants internationaux optent pour des endroits plus à même de leur garantir un avenir professionnel.

Londres était jusqu’à présent une étape importante sur l’itinéraire de visites de villes européennes organisé par Dennis Vink pour ses cinquante étudiants.

Mais suite au vote sur le Brexit, le directeur de programme du MBA international de Nyenrode Business School a décidé d’ôter Londres de la liste de l’école hollandaise.

Les visites avaient aussi bien pour objectif d’établir un réseau que de comprendre comment Canary Wharf et la cité de Londres fonctionnaient. Ces opportunités sont en train de disparaître selon le Professeur Vink. Conséquence : le prochain voyage se déroulera …à Paris.

« Depuis le vote sur le Brexit, il nous a été quasi impossible de nous rendre dans les institutions que nous visitions auparavant car elles sont toutes en pleine réorganisation, avec des réductions de personnel » dit-il. « L’une des deux banques d’investissements qui nous avaient aidé à organiser le voyage de l’an dernier à Londres cherche à déménager aux Pays-Bas ».

Brexit : des conséquences pour les écoles de commerce

Les conséquences du vote en faveur du Brexit se propagent à travers tout le continent européen. Quand certains se réjouissent du déclin de la livre sterling, rendant les frais d’inscription dans les écoles de commerce anglaises relativement accessibles, la plupart des doyens voient au contraire peu de raisons de se réjouir de l’issue du référendum.

Le principal sujet de préoccupation est le risque que ceux des étudiants et enseignants qui sont mobiles au niveau international, optent pour des endroits plus à même de leur garantir un avenir professionnel. Ceci revient en clair pour les personnes concernées à prendre un avion et quitter le Royaume-Uni.

Les désinscriptions multiples

Selon une étude de la Chartered Association of Business School (CABS) auprès de ses 120 membres, plusieurs institutions proposant des formations en business ont remarqué une augmentation du nombre d’étudiants européens à s’être désistés à la dernière rentrée scolaire.

C’est d’autant préoccupant qu’une majorité des écoles de commerce interrogées avaient noté une augmentation du nombre de candidats potentiels en provenance de l’UE avant le référendum.

En revanche, le flou persiste quant à savoir si les étudiants auraient choisi une école européenne au lieu d’une anglaise, s’ils avaient eu connaissance du résultat du vote avant de faire leur choix d’établissement.

Des étudiants inquiets au sujet de leurs opportunités professionnelles 

Marcos Ramirez, étudiant de nationalité chilienne, avait obtenu une place à Cambridge Judge Business School et une à l’Insead. Il a choisi cette dernière. Marcos Ramirez n’approuve pas la décision du Royaume-Uni de quitter l’union Européenne et se sent concerné par les incertitudes engendrées par le Brexit pour lui et les autres étudiants ayant fait le choix de venir étudier en Europe.

Cependant, il semblerait que cela n’ait pas été le facteur décisif dans son choix de l’école française. « Je suis simplement un peu inquiet au sujet des opportunités professionnelles à l’issue du MBA mais cela va être la même préoccupation pour moi que le Royaume-Uni quitte ou pas l’Union Européenne ».

Baisse de la livre Sterling et incertitudes administratives  

La faiblesse de la livre pourrait rendre le fait d’étudier au Royaume Uni plus attractif pour les étudiants sensibles au prix de leurs études mais cela va être un phénomène éphémère selon Sangeet Chowfal, président du GMAT Council, institution qui gère le test GMAT.

Des données du GMAC indiquent que de nombreux étudiants internationaux qui postulent pour intégrer des écoles de commerce britanniques s’inquiètent de la possibilité d’obtenir des visas de travail à l’issue de leurs études, selon le Président du GMAC.

Pour Sangeet Chowfla, le Brexit pourrait renforcer ces préoccupations mais la plus grande menace pour les écoles anglaises est l’important nombre de programmes européens en langue anglaise apparaissant en haut des classements des écoles de commerce,

Les enseignants également concernés

L’effet que le Brexit va avoir auprès des enseignants et notamment sur leur capacité à travailler en Grande Bretagne est incertain. Un dixième des écoles britanniques interrogées par CABS ont indiqué qu’elles avaient déjà perdu des partenaires de recherche européens ou avaient annulé leurs projets de demande de fonds auprès des institutions européennes.

Presque 7% des personnes interrogées ont indiqué avoir perdu du personnel suite au résultat du référendum. Ce chiffre est cependant à comparer avec les 30 % indiquant qu’un tel phénomène était peu susceptible de se produire au sein de leur établissement. 12% ont néanmoins indiqué qu’ils avaient déjà eu des difficultés à recruter du staff en provenance d’autres pays européens.

Le doyen d’une école de commerce française qui souhaite conserver l’anonymat, indique que deux des dix neuf enseignants qu’il a recruté l’an passé, étaient sur le marché suite au résultat du vote. Aucune autre école interrogée par le Financial Times pour cet article n’a cependant fait part de ce même phénomène.

 Londres reste une place de premier plan au niveau éducatif

Le natif de Belgique, Bert De Reyck, directeur de UCL School of Management à Londres, a récemment terminé la procédure pour devenir citoyen britannique. Mais c’était le résultat d’une décision prise bien avant le référendum, insiste t-il. « Londres bénéficie du plus large réseau d’institutions éducatives de premier plan, ce qui veut dire que les perspectives au niveau de l’emploi vont rester importantes pour les chercheurs et enseignants basés dans la capitale. Le Brexit va être un vrai challenge surtout au niveau économique mais je ne pense pas que cela ait un impact sur les embauches »

Tout l'enjeu repose sur la possibilité de trouver un emploi sur place

Ilian Mihov, doyen de l’Insead doute également que le Brexit entraîne des difficultés à recruter pour les institutions britanniques. Il souligne que la Suisse qui ne fait pas partie de l’Union Européenne, semble n’avoir aucune difficulté à recruter.

Le lieu d’implantation de l’école est important pour le succès des écoles de commerce européennes, selon le Professeur Vink de Nyenrode. Mais ce dernier prétend qu’au delà du nombre d’écoles prestigieuses dans le périmètre, c’est vraiment la probabilité d’obtenir un emploi localement, une fois diplômés, qui va pousser les étudiants à choisir l’endroit où ils vont s’établir.

Pour cette raison, il pense que les écoles de commerce londoniennes et plus généralement celles situées au Royaume-Uni vont souffrir de la sortie de l’UE. « Je suis certain que la décision de ne pas avoir de visite organisée à Londres cette année par l’école va contrarier nos étudiants mais globalement ce qui intéresse avant tout un étudiant de MBA, c’est de trouver un bon poste ! ».

 

2016 The Financial Times Ltd. Tous droits réservés.

Not to be redistributed, copied or modified in anyway. Cursuspro is solely responsible for providing this translated content and the Financial Times does not accept any liability for the accuracy or quality of the translation.

Réagir à l'articleRéagir à l'article

Seul votre prénom et la première lettre de votre nom apparaîtront sur le commentaire

Choisir une nouvelle formation ?
Entrez vos critères,
cherchez et trouvez !